Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie.
Auteur
Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
... La poésie est la géométrie par excellence. Depuis Racine la poésie n'a pas progressé d'un millimètre. Elle a reculé. Grâce à qui? aux Grandes-Têtes-Molles de notre époque.
A quoi bon regarder le mal? ... Pourquoi pencher la tête d'un lycéen sur des questions qui, faute de n'avoir pas été comprises, ont fait perdre la leur à des hommes tels que Pascal et Byron?
Il existe une convention peu tacite entre l'auteur et le lecteur, par laquelle le premier s'intitule malade, et accepte le second comme garde-malade. C'est le poète qui console l'humanité! Les rôles sont intervertis arbitrairement.
Il n'y a rien d'incompréhensible.
Je remplace la mélancolie par le courage, le doute par la certitude, le désespoir par l'espoir, la méchanceté par le bien, les plaintes par le devoir, le scepticisme par la foi, les sophismes par la froideur du calme et l'orgueil par la modestie.
L'éléphant se laisse caresser. Le pou, non.
L'erreur est la légende douloureuse.
L'homme se vante sans cesse, et pour des minuties.
La générosité jouit des félicités d'autrui, comme si elle en était responsable.
La modération des grands hommes ne borne que leurs vertus.
La poésie doit avoir pour but la vérité pratique. Elle énonce les rapports qui existent entre les premiers principes et les vérités secondaires de la vie.
La poésie doit être faite par tous. Non par un.
Le coq ne sort pas de sa nature moins par incapacité, que par orgueil.
Le doute est un hommage rendu à l'espoir. Ce n'est pas un hommage volontaire. L'espoir ne consentirait pas à n'être qu'un hommage.
Le meilleur moyen de persuader consiste à ne pas persuader.
Le roman est un genre faux, parce qu'il décrit les passions pour elles-mêmes: la conclusion morale est absente. Décrire les passions n'est rien; il suffit de naître un peu chacal, un peu vautour, un peu panthère.
Les hommes qui ont pris la résolution de détester leurs semblables ignorent qu'il faut commencer par se détester soi-même.
Les jugements sur la poésie ont plus de valeur que la poésie. Ils sont la philosophie de la poésie.
Moi, si cela avait pu dépendre de ma volonté, j'aurais voulu être plutôt le fils de la femelle du requin, dont la faim est amie des tempêtes, et du tigre, à la cruauté reconnue: je ne serais pas si méchant.
Nous sommes libres de faire le bien ... - Nous ne sommes pas libres de faire le mal.
Nul raisonneur ne croit contre sa raison.
O mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées, depuis que vos savantes leçons, plus douces que le miel, filtrèrent dans mon coeur, comme une onde rafraîchissante.
O pédérastes incompréhensibles, ce n'est pas moi qui lancerai des injures à votre grande dégradation; ce n'est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur votre anus infundibuliforme.
O poulpe, au regard de soie ...
Œuvres de Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
Les Chants de Maldoror (1869), III, 4Les chants de Maldoror (1869)Les chants de Maldoror (1869), IILes chants de Maldoror (1869), II, 9Les chants de Maldoror (1869), IVLes chants de Maldoror (1869), VLettre d'Isidore Ducasse au banquier Darasse, 12 mars 1870.PoésiesPoésies (1870)Poésies (1870), ExerguePoésies (1870), IPoésies (1870), IIPoésies, ExerguePoésies, I