On estime les grands desseins, lorsqu'on se sent capable des grands succès.
Auteur
Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
On peut être juste, si l'on n'est pas humain.
Pour étudier l'ordre, il ne faut pas étudier le désordre.
Que chacun reste dans sa nature.
Reprends la route qui va où tu dors ...
Rien n'est faux qui soit vrai; rien n'est vrai qui soit faux. Tout est le contraire de songe, de mensonge.
Riez, mais pleurez en même temps.
Si la morale de Cléopâtre eût été moins courte, la face de la terre aurait changé. Son nez n'en serait pas devenu plus long.
Toi, jeune homme, ne te désespère point, car tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. En comptant l'acarus sarcopte qui produit la gale, tu auras deux amis!
Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle.
Un pion pourrait se faire un bagage littéraire en disant le contraire de ce qu'ont dit les poètes de ce siècle.
Vieil océan, ô grand célibataire ...
Lamartine, Hugo, Musset se sont métamorphosés volontairement en femmelettes. Ce sont les Grandes-Têtes-Molles de notre époque.
C'était une journée de printemps. Les oiseaux répandaient leurs cantiques en gazouillements, et les humains, rendus à leurs différents devoirs, se baignaient dans la sainteté de la fatigue.
Le goût est la qualité fondamentale qui résume toutes les autres qualités. C'est le nec plus ultra de l'intelligence. Ce n'est que par lui seul que le génie est la santé suprême et l'équilibre de toutes les facultés.
Les hommes qui ne se battent pas en duel croient que les hommes qui se battent au duel à mort sont courageux.
Souffrir est une faiblesse, lorsqu'on peut s'en empêcher et faire quelque chose de mieux.
Repoussez l'incrédulité: vous me ferez plaisir.
Une maxime, pour être bien faite, ne demande pas à être corrigée. Elle demande à être développée.
Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste.
Les trois points terminateurs me font hausser les épaules de pitié. A-t-on besoin de cela pour prouver que l'on est un homme d'esprit, c'est-à-dire un imbécile? Comme si la clarté ne valait pas le vague, à propos de points!
Rien n'est dit. L'on vient trop tôt depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes. Sur ce qui concerne les moeurs, comme sur le reste, le moins bon est relevé. Nous avons l'avantage de travailler après les anciens, les habiles d'entre les modernes.
Le phénomène passe. Je cherche les lois.
Chaque fois que j'ai lu Shakspeare, il m'a semblé que je déchiquette la cervelle d'un jaguar.
Le sommeil est une récompense pour les uns, un supplice pour les autres. Pour tous, il est une sanction.
Œuvres de Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
Les Chants de Maldoror (1869), III, 4Les chants de Maldoror (1869)Les chants de Maldoror (1869), IILes chants de Maldoror (1869), II, 9Les chants de Maldoror (1869), IVLes chants de Maldoror (1869), VLettre d'Isidore Ducasse au banquier Darasse, 12 mars 1870.PoésiesPoésies (1870)Poésies (1870), ExerguePoésies (1870), IPoésies (1870), IIPoésies, ExerguePoésies, I