La jeunesse écoute les conseils de l'âge mûr. Elle a une confiance illimitée en elle-même.
Auteur
Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
Des flots de vin remplissaient les ornières, creusées par les soubresauts nerveux de ses épaules.
Ne flattez pas le culte d'adjectifs tels que indescriptible, inénarrable, rutilant, incomparable, colossal, qui mentent sans vergogne aux substantifs qu'ils défigurent: ils sont poursuivis par la lubricité.
J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poignante.
Les chefs-d'oeuvre de la langue française sont les discours de distribution pour les lycées, et les discours académiques.
La description de la douleur est un contresens. Il faut faire voir tout en beau.
Je soulevai avec lenteur mes yeux speenétiques, cernés d'un grand cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j'osai pénétrer, moi, si jeune, les mystères du ciel!
J'ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leur semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions: la gloire.
Arithmétique! algèbre! géométrie! trinité grandiose! triangle lumineux! Celui qui ne vous a pas connues est un insensé!
O mathématiques saintes, puissiez-vous, par votre commerce perpétuel, consoler le reste de mes jours de la méchanceté de l'homme et de l'injustice du Grand-Tout!
Vieil océan, aux vagues de cristal ... tu rappelles au souvenir de tes amants, sans qu'on rende toujours compte, les rudes commencements de l'homme, où il fait connaissance avec la douleur, qui ne le quitte plus.
Il suffit que les maladies honteuses, et presque incurables, qui vous assiègent, portent avec elles leur immanquable châtiment.
Souvent je me suis demandé quelle chose était le plus facile à reconnaître: la profondeur de l'océan ou la profondeur du coeur humain.
On ne rêve que lorsqu'on dort.
Je suis sale, Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent.
Quand même j'aurais eu à ma disposition les pattes ambulatoires de plus de trois mille crabes ... je serais encore resté à la même place.
O lampe au bec d'argent, mes yeux t'aperçoivent dans les airs, compagne de la voûte des cathédrales ...
Elle s'aventurait, avec son filet de soie attaché au bout d'un jonc, après les colibris, pleins d'indépendance, et les papillons aux zigzags agaçants.
Vieil océan, tu es le symbole de l'identité: toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d'une manière essentielle ...
L'on ne distinguait que le craquement saccadé des fragments de la cage qui, en vertu de l'élasticité du bois, reprenait en partie la position primordiale de leur construction.
Le noble animal de la race féline attend son adversaire avec courage, et dispute chèrement sa vie. Demain quelque chiffonnier achètera une peau électrisable.
Un navire venait de mettre toutes voiles dehors pour s'éloigner de ce parage.
Pendant que la nature entière sommeillait dans sa chasteté, lui, il s'est accouplé avec une femme dégradée, dans des embrassements lascifs et impurs.
Mais ne remue pas tes membres; tu es encore aujourd'hui sous notre magnétique pouvoir, et l'atonie encéphalique persiste: c'est pour la dernière fois.
Je te donnerai une bague enchantée; quand tu en retourneras le rubis tu seras invisible, comme les princes dans les contes de fées.
Œuvres de Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
Les Chants de Maldoror (1869), III, 4Les chants de Maldoror (1869)Les chants de Maldoror (1869), IILes chants de Maldoror (1869), II, 9Les chants de Maldoror (1869), IVLes chants de Maldoror (1869), VLettre d'Isidore Ducasse au banquier Darasse, 12 mars 1870.PoésiesPoésies (1870)Poésies (1870), ExerguePoésies (1870), IPoésies (1870), IIPoésies, ExerguePoésies, I