Je me félicite toujours plus du hasard qui nous a portés à aimer la lecture... C'est un magasin de bonheur toujours sûr et que les hommes ne peuvent nous ravir.
Auteur
Henri Beyle, dit Stendhal
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Fidèles aux idées vulgaires et à la mode parmi eux qui faisaient du plaisir un des éléments nécessaires du bonheur, le parfait contentement ne pouvait se concilier avec lit à part.
Rien de si aisé que d'être bien avec un homme qu'on ne voit qu'une fois par mois.
Il n'y a qu'une loi en sentiment. C'est de faire le bonheur de ce qu'on aime.
Le plus ou moins de finesse qu'on met à satisfaire les besoins de l'amour-propre, besoins aussi nécessaires que celui de boire et de manger, indique la classe à laquelle appartient l'individu.
Les gens riches sont bien injustes et bien comiques lorsqu'ils se font juges dédaigneux de tous les péchés et crimes commis pour de l'argent. Voyez les effroyables bassesses et les dix ans de soins qu'ils se donnent à la cour pour un portefeuille.
Les héros ont leurs accès de crainte, les poltrons des instants de bravoure, et les femmes vertueuses leurs instants de faiblesse. - C'est un grand art que de savoir juger et saisir ces moments.
La comédie a un grand avantage sur la tragédie: c'est de peindre les caractères; la tragédie ne peint que les passions.
Veux-tu doubler ton esprit? - Conduis-le avec ordre.
Pour connaître l'homme, il suffit de s'étudier soi-même; pour connaître les hommes, il faut les pratiquer. - Je connais très peu les hommes. Mes études ont été sur l'homme.
La tristesse, lorsqu'on connaît le monde, prouve qu'on a des passions que l'impossibilité de les satisfaire n'a pas encore pu guérir. - La tristesse de qui ne connaît pas le monde, prouve la lâcheté qui désespère de réussir.
Dans l'excès du bonheur lire est bien difficile, cependant on s'ennuie à la longue si l'on ne lit pas.
Je n'écris plus les souvenirs charmants, je me suis aperçu que cela les gâtait.
On ne peut pas, au moment où l'on produit, avoir pour ce qu'on fait la nuance d'admiration que donnent les beautés des autres qu'on rencontre et où il entre toujours une nuance d'imprévu.
Les bibliothèques sont particulièrement utiles pour les livres médiocres qui, sans elles, se perdraient.
Si j'eusse parlé vers 1795 de mon projet d'écrire, quelque homme sensé m'eût dit: - «Ecrivez tous les jours pendant deux heures, génie ou non.» - Ce mot m'eût fait employer dix ans de ma vie dépensés niaisement à attendre le génie.
Je ne me méfie pas assez de la mémoire des sots, c'est le côté par lequel ils réparent leur sottise.
Montaigne doutant des dogmes de la sottise ancienne, voilà un grand mérite; il a entrevu quelques petites choses; enfin, son charmant style sans lequel personne ne parlerait de lui.
Outre une trentaine de grands peintres, il faut considérer que les médiocres ont copié. - De là le grand nombre de tableaux agréables à regarder.
Le grand inconvénient de la civilisation, c'est l'absence du danger.
Laissez la bonne conduite et l'amour de l'étude. Mon exemple fait voir où ces qualités conduisent. Livrez-vous à l'intrigue seule.
M. Marc, premier médecin du roi, très facétieux pour médecin, à M. Vivien: «Vous êtes le plus populaire des préfets de P(aris). Toutes les filles ont toujours dit: Vit viens.»
Avoir toujours devant les yeux cette grande vérité, que le succès est pour qui fait rire.
Un mystique ne rit pas. Un être triste est, de bonne foi, injuste envers Molière, comme un malade se dégoûte des aliments les plus sains.
Quand tu t'imposes le silence, tu trouves des pensées; quand tu te fais une loi de parler, tu ne trouves rien à dire.
Œuvres de Henri Beyle, dit Stendhal
Armance (1827)Armance (1827), Avant-ProposArmance (1827), XXIIIChroniques italiennes (1837)Chroniques italiennes (1837-1839)Chroniques italiennes (1837-1839), Le Coffre et le RevenantCité par Gustave Thibon dans L'équilibre et l'harmonie (1976)CorrespondanceCorrespondance, 14 septembre 1820Correspondance, au baron de Mareste, 21 décembre 1819Correspondance, à Honoré de Balzac, 30 octobre 1840De l'amour (1822)De l'amour (1822), Deuxième préfaceDe l'amour (1822), Fragments divers, 139De l'amour (1822), Fragments divers, 83De l'amour (1822), LVIDe l'amour (1822), Lettre à Matilde, 7 juin 1819De l'amour (1822), XXIVDe l'amour (1822), XXVIDe l'amour (1822), XXXII