Un roman est comme un archet, la caisse du violon qui rend les sons, c'est l'âme du lecteur.
Œuvre
Vie de Henry Brulard (1835-1836)
29 citations · Henri Beyle, dit Stendhal · sur Dicocitations ↗
J'aimais et j'aime encore les mathématiques pour elles-mêmes comme n'admettant pas l'hypocrisie et le vague, mes deux bêtes d'aversion.
L'amour a toujours été pour moi la plus grande des affaires, ou plutôt la seule.
J'appelle caractère d'un homme sa manière habituelle d'aller à la chasse du bonheur, en termes plus clairs, mais moins significatifs: l'ensemble de ses habitudes morales.
Les paysages étaient comme un archet qui jouait sur mon âme.
Si j'eusse parlé vers 1795 de mon projet d'écrire, quelque homme sensé m'eût dit: - «Ecrivez tous les jours pendant deux heures, génie ou non.» - Ce mot m'eût fait employer dix ans de ma vie dépensés niaisement à attendre le génie.
Un peu de passion augmente l'esprit, beaucoup l'éteint.
On gâte des sentiments si tendres à les raconter en détail.
Entre le chagrin et nous, il faut mettre des faits nouveaux, fût-ce de se casser le bras.
Le mensonge est la seule et facile ressource de la faiblesse.
Ce bon campagnard, amateur de vin, de la bonne cère et de fraîches paysannes...
Il me traita de conscrit, ce qui me sembla une injure.
Je et Moi, ce serait, au talent près, comme M. de Chateaubriand, ce roi des égotistes.
Ce jour-là j'avais extorqué de mon père la permission de suivre Barbier.
Elle périt à la fleur de la jeunesse et de la beauté en 1790, elle pouvait avoir vingt-huit ou trente ans.
Le caractère timide du Français fait qu'il emploie rarement les couleurs franches: vert, rouge, bleu, jaune vif; il préfère les nuances indécises.
C'est le travail unique de toute ma vie. Tout le reste n'a été que gagne-pain, gagne-pain joint à un peu de vanité de le gagner aussi bien qu'un autre.
J'ai oublié de dire que je rapportais mon innocence de Paris, ce n'était qu'à Milan que je devais me délivrer de ce trésor. Ce qu'il y a de drôle, c'est que je ne me souviens pas distinctement avec qui.
Cette idée me sourit. Oui, mais cette effroyable quantité de Je et de Moi! Il y a de quoi donner de l'humeur au lecteur le plus bénévole. Je et Moi, ce serait, au talent près, comme M. de Chateaubriand, ce roi des égotistes.
On mangeait à la maison avec une rare propreté et des soins recherchés. On me recommandait par exemple de ne faire aucun bruit avec la bouche.
A côté des images les plus claires je trouve des manques dans ce souvenir, c'est comme une fresque dont de grands morceaux seraient tombés.
Mais quel était l'objet de mes amours? Peut-être cela me reviendra-t-il comme beaucoup de choses me reviennent en écrivant.
Il n'était pas romanesque, et moi je poussais cette faiblesse jusqu'à la folie; l'absence de cette folie le rendait plat à mes yeux. Le romanesque chez moi s'étendait à l'amour, à la bravoure, à tout.
Je supplie le lecteur, si jamais j'en trouve, de se souvenir que je n'ai de prétention à la véracité qu'en ce qui touche mes sentiments, quant aux faits j'ai toujours eu peu de mémoire.
J'aime le peuple, je déteste les oppresseurs, mais ce serait pour moi un supplice de tous les instants que de vivre avec le peuple.