Et la mer au soleil ne supporte que l'ombre - Que jettent des oiseaux les ailes éployées.
Auteur
Guillaume Apollinaire
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Et qui oserait dire que, pour ceux qui sont dignes de la joie, ce qui est nouveau ne soit pas beau? Les autres se chargeront vite d'avilir cette nouveauté sublime, après quoi elle pourra entrer dans le domaine de la raison.
Mais, Madame, écoutez-moi donc - Vous perdez quelque chose - - C'est mon coeur, pas grand-chose - Ramassez-le donc.
O gracieuse et callipyge - Tous les culs sont de la Saint-Jean - Le tien leur fait vraiment la pige - Déesse aux collines d'argent - - D'argent qui serait de la crème - Et des feuilles de rose aussi - Aussi belle croupe je t'aime - Et ta grâce est mon seul souci.
Quand l'homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait ainsi du surréalisme sans le savoir.
Mon amour c'est seulement ton bonheur - Et ton bonheur c'est seulement ma volonté.
On imagine difficilement - A quel point le succès rend les gens stupides et tranquilles.
Après trois ans de mariage, il n'avait pas encore d'enfant. Dans l'espoir d'en obtenir un, il fit suivre à sa femme les prescriptions des plus grands médecins. Il la mena en vain aux sources réputées merveilleuses contre la stérilité.
O bouches l'homme est à la recherche d'un nouveau langage - Auquel le grammairien d'aucune langue n'aura rien à dire.
Ma Lou je coucherai ce soir dans les tranchées - Qui près de nos canons ont été piochées.
Entends battre mon coeur d'amant. - Ce coeur en vaut bien plus de mille - Puisque je t'aime éperdument.
Demandez voir à une chaise: qu'est-ce qu'un homme? - - C'est un cul, paraît, dit-elle.
Je souhaite dans ma maison: - Une femme ayant sa raison, - Un chat passant parmi les livres, - Des amis en toute saison - Sans lesquels je ne peux pas vivre.
Les obus miaulaient un amour à mourir - Un amour qui se meurt est plus doux que les autres - Ton souffle nage au fleuve où le sang va tarir - Les obus miaulaient. Entends chanter les nôtres - Pourpre amour salué par ceux qui vont périr.
Le matelot des mers lointaines - Qui vers Cythère allait rêvant - Chantait les rives incertaines - Et l'écume au loin moutonnant - Qui fut le sperme des sirènes.
Je donne à mon espoir mon coeur en ex-voto. Je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt.
Je t'ai prise contre ma poitrine comme une colombe qu'une petite fille étouffe sans le savoir. Je t'ai prise avec toute ta beauté ta beauté plus riche que tous les placers de la Californie ne le furent au temps de la fièvre de l'or.
Connais-tu cette joie de voir des choses neuves?
Mon pauvre coeur est un hibou - Qu'on cloue, qu'on décloue, qu'on recloue. - De sang, d'ardeur, il est à bout. - Tous ceux qui m'aiment, je les loue.
Où sont-ils Braque et Max Jacob - Derain aux yeux gris comme l'aube - Où sont Raynal Billy Dalize - Dont les noms se mélancolisent.
L'amour est humain et ne vit qu'en nos vies - L'amour cet éternel qui meurt inassouvi.
O public - Soyez la torche inextinguible du feu nouveau.
Car la pièce doit être un univers complet - Avec son créateur - C'est-à-dire la nature même - Et non pas seulement - La représentation d'un petit morceau - De ce qui nous entoure ou de ce qui s'est jadis passé.
Et puis chantez matin et soir - Grattez-vous si ça vous démange - Aimez le blanc ou bien le noir - C'est bien plus drôle quand ça change - Suffit de s'en apercevoir.
Tu es si à moi et si en moi que tu devines tout de moi.
Œuvres de Guillaume Apollinaire
Calligrammes (1918)Calligrammes (1918), A l'ItalieCalligrammes (1918), C'est Lou qu'on la nommaitCalligrammes (1918), La Nuit d'avril 1915Calligrammes (1918), Le Jet d'eauCalligrammes (1918), Les saisonsCalligrammes (1918), Lundi rue ChristineCalligrammes (1918), Tristesse d'une étoileCalligrammes (1918), l'Adieu du CavalierCalligrammes (1918), la Jolie RousseCalligrammes (1918), la VictoireCalligrammes (1918), le Musicien de Saint-MerryCalligrammes (1918), les CollinesCalligrammes (1918), les FenêtresConférence, au Vieux Colombier, 26 novembre 1917.Dans Chroniques d'art d'Apollinaire.L'Hérésiarque et CieL'Hérésiarque et Cie (1910)L'amour, le dédain et l'espéranceLa Femme assise