Auteur

Guillaume Apollinaire

Comme les hommes aiment avant tout la lumière, ils ont inventé le feu.
Mon cul s'éveille au souvenir - D'une inoubliable caresse - Que m'enseigna une négresse - Dans un hôtel rue d'Aboukir.
Ma bouche aura des ardeurs de géhenne - Ma bouche te sera un enfer de douceur...
Voici que vient l'été la saison violente - Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps - O soleil c'est le temps de la raison ardente.
O mon ombre en deuil de moi-même.
Allô, allô Mademoiselle - Je ne suis plus abonné au téléphone - Je me désabonne.
Passeur passe jusqu'au trépas - Les bacs toujours s'en vont et viennent ... - D'ahan les passeurs les déchaînent - Il faut passer il faut passer ...
Nous sommes l'Arc-en-terre - Signe plus pur que l'Arc-en-ciel.
L'amour s'en va - Comme cette eau courante - L'amour s'en va - Comme la vie est lente - Et comme l'Espérance est violente.
As-tu connu Guy au galop - Du temps qu'il était militaire - As-tu connu Guy au galop - Du temps qu'il était artiflot - A la guerre.
Ma bitte devint plus brune, mes poils formèrent une jolie barbiche, ma voix était devenue profonde.
Puits - Arbres creux qui abritent les Câpresses vagabondes.
Je connais un autre connin - Que tout vivant je voudrais prendre. - Sa garenne est parmi le thym - Des vallons du pays de Tendre.
Avec ses quatre dromadaires - Don Pedro d'Alfaroubeira - Courut le monde et l'admira. - Il fit ce que je voudrais faire - Si j'avais quatre dromadaires.
Incertitude, ô mes délices - Vous et moi nous nous en allons - Comme s'en vont les écrevisses - A reculons, à reculons.
Paris comme une jeune fille - S'éveille langoureusement - Secoue sa longue chevelure - Et chante sa belle chanson.
Et dans les champs les coquelicots se fanent en se violaçant - Et en répandant une odeur opiacée.
L'amour est libre il n'est jamais soumis au sort - O Lou le mien est plus fort encor que la mort - Un coeur le mien te suit dans ton voyage au Nord.
J'aime l'art d'aujourd'hui parce que j'aime avant tout la lumière et tous les hommes aiment avant tout la lumière, ils ont inventé le feu.
Ah Dieu! que la guerre est jolie - Avec ses chants ses longs loisirs.
Et dans ce jour d'août 1915 le plus chaud de l'année - Bien abrité dans l'hypogée que j'ai creusé moi-même - C'est à toi que je songe Italie mère de mes pensées ...
Je passerais ma vie touchant mon piano - En écoutant l'ivoire ordonner l'harmonie - Cet ivoire que choque parfois mon anneau - L'harmonie des beaux airs de France et d'Italie.
Un Picasso étudie un objet comme un chirurgien dissèque un cadavre.
Les vers luisants brillent cette nuit autour de moi - Comme si la prairie était le miroir du ciel - Etoilé.
Je compris qu'il ne se vantait point, et qu'érudit et sanguinaire, l'homme à qui j'avais affaire était un maniaque du meurtre.

Œuvres de Guillaume Apollinaire

Calligrammes (1918)Calligrammes (1918), A l'ItalieCalligrammes (1918), C'est Lou qu'on la nommaitCalligrammes (1918), La Nuit d'avril 1915Calligrammes (1918), Le Jet d'eauCalligrammes (1918), Les saisonsCalligrammes (1918), Lundi rue ChristineCalligrammes (1918), Tristesse d'une étoileCalligrammes (1918), l'Adieu du CavalierCalligrammes (1918), la Jolie RousseCalligrammes (1918), la VictoireCalligrammes (1918), le Musicien de Saint-MerryCalligrammes (1918), les CollinesCalligrammes (1918), les FenêtresConférence, au Vieux Colombier, 26 novembre 1917.Dans Chroniques d'art d'Apollinaire.L'Hérésiarque et CieL'Hérésiarque et Cie (1910)L'amour, le dédain et l'espéranceLa Femme assise