Un de ces types impossibles qui se rongent les ongles, qui se grattent, qui remuent tout le temps, qui parlent tout haut, enfin un de ces agités ...
Auteur
Georges Duhamel
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Puis il revenait, agrippait Laurent par un des boutons de sa blouse.
Suzanne mouilla le fil entre ses lèvres, prit l'aiguille et l'enfila.
Je songe à ce «d'ailleurs» qui s'efforce de lier ensemble, par un estimable et curieux souci d'ordre, des idées qui n'ont entre elle aucune relation normale.
Quand elle lui prenait le bras, elle se laissait aller à s'alanguir, à trébucher, pour lui mieux manifester sa confiance, son abandon, son amour.
Tout fait que j'étais alors aux fureurs de mon père, à ses éclats justiciers, à ses tonnantes algarades.
Le soir dans ma chambre d'hôtel, j'allume toutes les lumières.
Avec les enfants, on fait comme on peut.
Je me méfie de la contagion des machines.
Presque toutes les parties du discours peuvent, dans une bouche malhabile, devenir l'occasion d'équivoques et d'amphibologies.
Quand les chirurgiens ont décidé l'amputation, ils n'attendent pas un mois pour prendre le couteau.
Il touche du bois quand il redoute quelque éventualité fâcheuse. Il porte en breloque une amulette arabe dont il ne se séparerait pour rien au monde.
Dès aujourd'hui, l'Amérique nous donne à mesurer ce que peut devenir l'effacement de l'individu, l'abnégation, l'anéantissement de l'individu.
Jamais, vois-tu? mes petits-enfants ne pensent à m'embrasser. Ils ne doivent pas trouver les gens de notre âge très appétissants.
J'ai pendant mon enfance, appris beaucoup de choses par coeur: des vers, de la prose et des nombres. Je ne le regrette pas.
C'est une fonction très mal payée, mais qui me permettra d'approcher un des hommes les plus intelligents de ce temps.
Sans doute, n'avais-je pas, jusque-là, été à même de constater avec quelle autorité une suite de sons et d'accords peut s'approprier à l'état de notre âme.
On restreint le nombre des nouveaux arrivants, on les trie sur le volet.
Sur une pelouse pâmée de plaisir, l'arroseur automatique répandait en tournoyant une pluie dans le nuage de laquelle on voyait naître et mourir les couleurs de l'arc-en-ciel.
Notre artillerie répondant coup pour coup par salves furieuses, une sorte de muraille grondante s'éleva autour de nous, qui nous semblait comme un rempart.
Le rasoir au fourreau, mon père s'aspergeait d'eau froide, pour tonifier l'épiderme.
A la moindre allusion, même incertaine, il s'assombrissait, ne sachant s'il devait subodorer ou l'hommage ou la raillerie.
L'idée qu'il pouvait s'assouplir, plier, changer dans une mesure quelconque, cette idée me paraissait démente.
Quand, la fourchette et le couteau en mains, il attaquait la nourriture, il avait l'air de monter à l'abordage.
(Il) ne fait pas plus attention à moi qu'à une muraille ou à une borne.
Œuvres de Georges Duhamel
Chronique des Pasquier (1933-1945)Chronique des Pasquier: I. Le Notaire du Havre (1933-1945)Chronique des Pasquier: I. Le Notaire du Havre (1933-1945), IntroductionChronique des Pasquier: III. Vue de la Terre promise (1933-1945)Chronique des Pasquier: IX. Suzanne et les jeunes hommes (1933-1945)Chronique des Pasquier: V. Le Désert de Bièvres (1933-1945)Chronique des Pasquier: VI. Les Maîtres (1933-1945)Chronique des Pasquier: VIII. Le Combat des ombres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: V. Le Désert de Bièvres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: VI. Les Maîtres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: VII. Cécile parmi nous (1933-1945)Chronique des Pasquiers: VIII. Le Combat des ombres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: X. La passion de Joseph Pasquier (1933-1945)Chronique des saisons amères (1944)Civilisation française (1944)Cri des profondeurs (1951)Discours aux nuagesDiscours aux nuagesDéfense des lettres (1937)Défense des lettres (1937), IV