Œuvre

Scènes de la vie future (1930)

Si tu n'as jamais respiré la fauve et fade odeur de l'abattoir ... ô mon ami, tu ne connais pas toutes les tristesses du monde.
Le soir dans ma chambre d'hôtel, j'allume toutes les lumières.
Je me méfie de la contagion des machines.
Dès aujourd'hui, l'Amérique nous donne à mesurer ce que peut devenir l'effacement de l'individu, l'abnégation, l'anéantissement de l'individu.
On restreint le nombre des nouveaux arrivants, on les trie sur le volet.
L'auto est un levier qui grandit tous nos vices et n'exalte pas nos vertus.
A la voir debout dans le métro parisien, le plus enragé butor lui céderait une place assise.
Eh bien! que l'homme se débrouille avec sa conscience, en ce qui touche certains problèmes.
Les professionnels du sport ont acclimaté, chez nous, un jargon ébouriffant, presque intraduisible, farci de mots étrangers, employés hors de propos ...
L'animal qui vient de périr bascule dans l'échaudoir.
Soigneusement masqués, contenus, leurs défauts et leurs vices ne pouvaient se répandre librement que dans l'étouffante intimité.
La véritable grandeur n'est point affaire de dimensions absolues, c'est l'effet de proportions heureuses.