Le communisme disparaîtrait demain, comme a disparu l'hitlérisme, que le monde moderne n'en poursuivrait pas moins son évolution vers ce régime de dirigisme universel auquel semble aspirer les démocraties elles-mêmes.
Auteur
Georges Bernanos
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Pour rencontrer l'espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu'au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore.
Un prêtre qui descend de la chaire de Vérité, la bouche en machin de poule, un peu échauffé, mais content, il n'a pas prêché, il a ronronné, tout au plus.
Le monde vit d'illusion, c'est-à-dire de prestiges, et c'est un grand malheur pour beaucoup que se substitue au prestige des personnes ou même des uniformes, le prestige plus médiocre encore des mots.
Le désespoir est la charité de l'enfer; il sait tout, il veut tout, il peut tout.
Nous ne reprochons pas aux maris graves d'être généralement cocus, nous leur reprochons d'être à la fois graves et cocus.
Les préceptes de l'Eglise concernant le mariage sont excellents, mais il est clair que leur observation ne saurait suffire à résoudre les difficultés humaines d'un tel état, qu'on peut être bon chrétien moyen, et cocu.
Il en sera bientôt du mythe totalitaire ce qu'il en est présentement du mythe démocratique, car le cynisme ne soulage qu'un moment les consciences écoeurées par l'hypocrisie.
Je pensais à ces bestiaux que j'entendais tousser dans le brouillard et que le petit vacher, revenant de l'école, son cartable sous le bras, mènerait tout à l'heure à travers les pâtures trempées, vers l'étable chaude, odorante.
Ils n'ont pas de patience, c'est-à-dire qu'ils resteront toujours étrangers aux grandes oeuvres de la Vie, car la Vie est toute patience.
La niaiserie, l'ignorance ou la peur, fût-elle même celle de l'enfer, ne forment pas les vierges. Ou du moins cette sorte de virginité me paraît aussi bête que l'espèce de chasteté obtenue par la castration.
Les curieux sont toujours dupes de leur curiosité. Ils expliquent tout et ne comprennent rien.
Déception d'amour, la seule qui ne sera jamais pardonnée !
Ah ! le toit de chaume aspire au repos ! Elle aspire au repos, la minime flamme dansante sur l'étang morne ! Il aspire au repos, l'esprit vigilant qui se débat dans la chair des hommes depuis le commencement du monde.
Le mal, comme le bien, est aimé pour lui-même, et servi.
L'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui.
Que craindre au monde, sinon la solitude et l'ennui?
Et ce chaume croulant, au milieu des belles tuiles vernies, c'est encore un autre mendiant, un autre homme libre.
Je ne crois qu'à ce qui me coûte. Je n'ai rien fait de passable en ce monde qui ne m'ait d'abord paru inutile, inutile jusqu'au ridicule, inutile jusqu'au dégoût.
Je ne suis pas un écrivain. La seule vue d'une feuille de papier blanc me harasse l'âme. L'espèce de recueillement physique que m'impose un tel travail m'est si odieux que je l'évite autant que je puis.
La prière est, en somme, la seule révolte qui se tienne debout.
Comprendre c'est déjà aimer.
Les souvenirs de guerre ressemblent aux souvenirs de l'enfance.
Les dictateurs font de la force le seul instrument de la grandeur.
L'homme c'est bien malaisé à définir. Admettons que ça reste un enfant. Gentil et câlin à ses heures, mais plein de vices.
Œuvres de Georges Bernanos
Cité par Gilles Perrault dans La Longue Traque (1975).Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.Correspondance (1904-1939)Correspondance (1971)Correspondance inédite (1934-1948)Dans Nous autres Français.Dialogue d'ombresDialogues d'ombres (1955)Essais et écrits de combat, tome II (1995), La liberté pour quoi faire?Français, si vous saviez (1945)Journal d'un curé de campagne (1936)Journal de la guerre d'EspagneJournal de la guerre d'Espagne, Sept, 16 octobre 1936Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 27 novembre 1936Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 31 juillet 1936L'Imposture (1927)La France contre les robots (1946)La Grande Peur des bien-pensants (1931)La Grande Peur des biens-pensants (1931)La Joie (1928)