La lâcheté intellectuelle est dans notre pays le pire ennemi qu'ait à affronter un écrivain ou un journaliste, et ce fait ne semble pas avoir reçu toute l'attention qu'il mérite.
En général, plus vaste est la compréhension, plus profonde est l'illusion. Le plus intelligent est le moins normal.
L'Homme ne connaît pas d'autres intérêts que les siens.
Nous nous rencontrerons là où il n'y a pas de ténèbres.
Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies.
Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint.
En causant avec elle, Winston se rendit compte à quel point il était facile de présenter l'apparence de l'orthodoxie sans avoir la moindre notion de ce que signifiait l'orthodoxie.
Tolstoï n'était pas un saint, mais il s'est efforcé avec acharnement d'en être un, et les critères qu'il appliquait à la littérature n'étaient pas ceux de la vie terrestre.
Jusqu'à preuve de leur innocence, les saints doivent toujours être considérés comme coupables.
A cinquante ans, chacun a le visage qu'il mérite.
L'âne dit : Dieu m'a donné une queue pour taper les mouches mais j'aimerais avoir pas de queues et pas de mouches.
Ils ne deviendront conscients que lorsqu'ils seront révoltés et ils ne révolteront que lorsqu'ils deviendront conscients. Les prolétaires et les animaux sont libres.
Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés.
Ce sucroît d'effort leur était demandé à titre tout à fait volontaire, bien entendu que tout animal qui se récuserait aurait ses rations réduites de moitié.
Aucune émotion n'était pure car elle était mêlée de peur et de haine. Leur embrassement avait été une bataille, leur jouissance une victoire. C'était un coup porté au Parti. C'était un acte politique.
Nous ne naissons pas libre et égaux, comme le proclame la constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être à l'image de l'autre, comme ça tout le monde est content plus de montagnes pour intimider.
La bravoure ne suffit pas. La loyauté et l'obéissance passent avant.
On eut dit qu'en quelque façon la ferme s'était enrichie sans rendre les animaux plus riches hormis, assurément les cochons et les chiens.
Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L'histoire s'est arrêtée. Rien n'existe qu'un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison.
Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et de nouveau du cochon à l'homme mais déjà il était impossible de distinguer l'un de l'autre.
La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance.
La réalité existe dans l'esprit humain et nulle part ailleurs.
Quattrepattes bien ! Deuxpattes mieux !
Il aurait voulu par-dessus tout avoir un endroit où ils pourraient être seuls sans se sentir obligés de faire l'amour chaque fois qu'ils se rencontraient.
Tous les maux de notre vie sont dus à l'Homme, notre tyran. Débarrassons-nous de l'Homme, et nôtre sera le produit de notre travail. C'est presque du jour au lendemain que nous pourrions devenir libres et riches.
Œuvres de George Orwell
1984 (1949)Animal FarmDans la dèche à Paris et à Londres (1982)Essai Devant votre nez (In Front of Your Nose, Tribune, 22 mars 1946)Essais, articles et lettres (1968)Essais, articles, lettres (Collected Essays, Journalism And Letters)La Ferme des animaux (1945)La Ferme des animaux (1945), Préface inéditeUne histoire birmane (1934)Vérité et mensonge