Auteur

George Orwell

Il est impossible de voir la réalité si on ne regarde avec les yeux du Parti.
Dans notre société, ceux qui ont la connaissance la plus complète de ce qui se passe, sont aussi ceux qui sont les plus éloignés de voir le monde tel qu'il est.
Au jeu que nous jouons, nous ne pouvons gagner, mais il y a des genres d'échec qui valent mieux que d'autres, rien de plus.
Comment communiquer avec l'avenir ? C'est impossible intrinsèquement ou l'avenir ressemblerait au présent, et on ne l'écouterait pas, ou il serait différent, et son enseignement, dans ce cas, n'aurait aucun sens.
Beaucoup de gens ne sont à l'aise dans un pays étranger que s'ils en méprisent les habitants.
Lorsqu'on livre une guerre, c'est toujours pour être en meilleure position pour livrer une autre guerre.
Si l'on peut sentir qu'il vaut la peine de rester humain, même s'il ne doit rien en résulter, on les a battus.
Vous ne possédiez rien, en dehors des quelques centimètres cubes de votre crâne.
On dit que le temps guérit toute blessure. On dit que l'on peut toujours oublier. Mais la vie est toujours là et tout le temps qu'elle dure. Par la joie ou pas les pleurs toujours mon coeur est travaillé.
Un état général de pénurie accroît en effet l'importance des petits privilèges et magnifie la distinction entre un groupe et un autre.
Quand on aimait, on aimait, et quand on n'avait rien d'autre à donner, on donnait son amour.
Le pire ennemi, réfléchit-il, est le système nerveux. A n'importe quel moment, la tension intérieure peut se manifester par quelque symptôme visible.
Le parti se trompait et lui était dans le vrai. L'évidence, le sens commun, la vérité devaient être défendus. Les truismes sont vrais. Il fallait s'appuyer dessus. Le monde matériel existe, ses lois ne changent pas.
L'apparente inutilité de l'objet le rendait doublement attrayant.
Le millionnaire moyen n'est rien d'autre que le plongeur moyen arborant un complet neuf.
Pour que l'égalité humaine soit à jamais écartée, pour que les grands, comme nous les avons appelés, gardent perpétuellement leurs places, la condition mentale dominante doit être la folie dirigée.
Le monde d'aujourd'hui est un monde nu, affamé, dilapidé, comparé au monde qui existait avant 1914, et encore plus si on le compare à l'avenir qu'imaginaient les gens de cette époque.
Les prolétaires et les animaux sont libres.
Si tous les autres acceptaient le mensonge imposé par le Parti – si tous les rapports racontaient la même chose – le mensonge passait dans l'histoire et devenait vérité. « Celui qui a le contrôle du passé », disait le slogan du Parti, « a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé.
Lorsque toutes les corrections qu'il était nécessaire d'apporter à un numéro spécial du Times avaient été rassemblées et collationnées, le numéro était réimprimé. La copie originale était détruite et remplacée dans la collection par la copie corrigée. Ce processus de continuelles retouches était appliqué, non seulement aux journaux, mais aux livres, périodiques, pamphlets, affiches, prospectus, films, enregistrements sonores, caricatures, photographies. Il était appliqué à tous les genres imaginables de littérature ou de documentation qui pouvaient comporter quelques signification politique ou idéologique. Jour après jours, et presque minute par minute, le passé était mis à jour. On pouvait ainsi prouver, avec documents à l'appui, que les prédictions faites par le Parti s'étaient trouvées vérifiées. Aucune opinion, aucune information ne restait consignée, qui aurait pu se trouver en conflit avec les besoin du moment. L'Histoire toute entière était un palimpeste gratté et réécrit aussi souvent que c'était nécessaire. Le changement effectué, il n'aurait été possible en aucune cas de prouver qu'il y avait eu falsification.
Le Parti finirait par annoncer que deux et deux font cinq et il faudrait le croire. Il était inéluctable que, tôt ou tard, il fasse cette déclaration. La logique de sa position l'exigeait. Ce n'était pas seulement la validité de l'expérience, mais l'existence d'une réalité extérieure qui était tacitement niée par sa philosophie. L'hérésie des hérésies était le sens commun. Et le terrible n'était pas que le Parti tuait ceux qui pensaient autrement, mais qu'il se pourrait qu'il eût raison. Après tout, comment pouvons-nous savoir que deux et deux font quatre ? Ou que la gravitation exerce une force ? Ou que le passé est immuable ? Si le passé et le monde extérieur n'existent que dans l'esprit et si l'esprit est susceptible de recevoir des directives. Alors quoi ? (…) La liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit.
Le Parti finirait par annoncer que deux et deux font cinq et il faudrait le croire. Il était inéluctable que, tôt ou tard, il fasse cette déclaration. La logique de sa position l'exigeait. Ce n'était pas seulement la validité de l'expérience, mais l'existence d'une réalité extérieure qui était tacitement niée par sa philosophie. L'hérésie des hérésies était le sens commun. Et le terrible n'était pas que le Parti tuait ceux qui pensaient autrement, mais qu'il se pourrait qu'il eût raison.
Après tout, comment pouvons-nous savoir que deux et deux font quatre ? Ou que la gravitation exerce une force ? Ou que le passé est immuable ? Si le passé et le monde extérieur n'existent que dans l'esprit et si l'esprit est susceptible de recevoir des directives. Alors quoi ? (…) La liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit.
Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. (…) Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint.
Il n'était pas nécessaire que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu'on leur demandait, c'était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu'il était nécessaire de leur faire accepter plus d'heures de travail ou des rations plus réduites. Ainsi, même quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n'était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance. Les maux les plus grands échappaient invariablement à leur attention.

Œuvres de George Orwell

1984 (1949)Animal FarmDans la dèche à Paris et à Londres (1982)Essai Devant votre nez (In Front of Your Nose, Tribune, 22 mars 1946)Essais, articles et lettres (1968)Essais, articles, lettres (Collected Essays, Journalism And Letters)La Ferme des animaux (1945)La Ferme des animaux (1945), Préface inéditeUne histoire birmane (1934)Vérité et mensonge