Œuvre

La Ferme des animaux (1945)

Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et de nouveau du cochon à l'homme; mais déjà il était impossible de distinguer l'un de l'autre.
Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres.
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer: «Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d'autres.»
Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres.
L'Homme ne connaît pas d'autres intérêts que les siens.
L'âne dit : Dieu m'a donné une queue pour taper les mouches mais j'aimerais avoir pas de queues et pas de mouches.
Ce sucroît d'effort leur était demandé à titre tout à fait volontaire, bien entendu que tout animal qui se récuserait aurait ses rations réduites de moitié.
La bravoure ne suffit pas. La loyauté et l'obéissance passent avant.
On eut dit qu'en quelque façon la ferme s'était enrichie sans rendre les animaux plus riches hormis, assurément les cochons et les chiens.
Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et de nouveau du cochon à l'homme mais déjà il était impossible de distinguer l'un de l'autre.
Quattrepattes bien ! Deuxpattes mieux !
Tous les maux de notre vie sont dus à l'Homme, notre tyran. Débarrassons-nous de l'Homme, et nôtre sera le produit de notre travail. C'est presque du jour au lendemain que nous pourrions devenir libres et riches.