L'acte essentiel de la guerre est la destruction, pas nécessairement de vies humaines, mais des produits du travail humain.
Un état général de pénurie accroît ... l'importance des petits privilèges et magnifie la distinction entre un groupe et un autre.
Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu'elles soient opprimés. Aussi longtemps qu'elles n'ont pas d'élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu'elles sont opprimés.
Il y a partout la même structure pyramidale, le même culte d'un chef semi-divin, le même système économique existant par et pour une guerre continuelle.
Le commandement des anciens despotismes était: «Tu ne dois pas.» Le commandement des totalitaires était: «Tu dois.» Notre commandement est: «Tu es.»
Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et de nouveau du cochon à l'homme; mais déjà il était impossible de distinguer l'un de l'autre.
Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres.
Ils ne se révolteront que lorsqu'ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés.
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer: «Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d'autres.»
A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.
Les conséquences d'un acte sont incluses dans l'acte lui même. Il écrivit: Le crime de penser n'entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort.
Le ministère de la Paix s'occupe de la guerre, celui de la Vérité, des mensonges, celui de l'Amour, de la torture, celui de l'Abondance, de la famine.
Le Parti pouvait mettre à nu les plus petits détails de tout ce que l'on avait dit ou pensé, mais les profondeurs de votre coeur, dont les mouvements étaient mystérieux, même pour vous, demeuraient inviolables.
S'accrocher, jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n'avait de futur, était un instinct qu'on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d'aspirer l'air tant qu'il y a de l'air à respirer.
La terre est aussi vieille que nous, pas plus vieille. Comment pourrait-elle être plus âgée? Rien n'existe que par la conscience humaine.
Avec le mensonge toujours en avance d'un bond sur la vérité.
Aux moments de crise, ce n'est pas contre un ennemi extérieur qu'on lutte, mais toujours contre son propre corps.
On dit que le temps apaise toute douleur, on dit que tout peut s'oublier, mais les sourires et les pleurs, par-delà les années, tordent encore les fibres de mon coeur.
La beauté n'a pas de sens, tant qu'elle n'est pas partagée.
La stupidité était aussi nécessaire que l'intelligence et aussi difficile à atteindre.
Des écoles de penseurs apparurent alors qui interprétèrent l'histoire comme un processus cyclique et prétendirent démontrer que l'inégalité était une loi inaltérable de la vie humaine.
Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres.
Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire.
Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre.
Si les éditeurs et les directeurs de journaux s'arrangent pour que certains sujets ne soient pas abordés, ce n'est pas par crainte des poursuites judiciaires, mais par crainte de l'opinion publique.
Œuvres de George Orwell
1984 (1949)Animal FarmDans la dèche à Paris et à Londres (1982)Essai Devant votre nez (In Front of Your Nose, Tribune, 22 mars 1946)Essais, articles et lettres (1968)Essais, articles, lettres (Collected Essays, Journalism And Letters)La Ferme des animaux (1945)La Ferme des animaux (1945), Préface inéditeUne histoire birmane (1934)Vérité et mensonge