Auteur

François Mauriac

Tu ne peux imaginer cette délivrance après l'aveu, après le pardon ...
Elle a gardé une méfiance maladive de la justice, avec qui elle a eu, autrefois, des démêlés.
A la Libération, le triomphe de la démocratie chrétienne, le naufrage définitif du nationalisme «intégral», tout parut annoncer la formation d'un grand parti travailliste français à la fois socialiste et chrétien.
La vie nous appauvrit et, à mesure que nous avançons, nous démunit de nos richesses les plus pures.
Ils couperaient en deux une tapisserie plutôt que d'en laisser le bénéfice à un seul. Ils aiment mieux que tout soit dépareillé mais qu'aucun lot ne l'emporte sur l'autre.
Une alternative comme celle qui va, après-demain faire hésiter tant de Français, sera un pari: l'événement seul nous départagera aux cours des semaines qui vont venir.
Ils se dépensent en bravades grossières, par orgueil désespéré.
Il espérait que les plantes, les mousses enlaceraient ses jambes, qu'il ne pourrait se dépêtrer de cette eau bourbeuse et qu'enfin sa bouche, ses yeux seraient comblés de vase, que nul ne le verrait plus, et qu'il ne verrait plus les autres le voir.
Cet ennemi des siens, ce coeur dévoré par la haine et par l'avarice, je veux qu'en dépit de sa bassesse vous le preniez en pitié.
J'éprouvais devant ce qui restait de Marie tout ce que signifie le mot «dépouille». J'avais le sentiment irrésistible d'un départ, d'une absence.
Nous avons fait le tour de la prairie. La famille, depuis le perron, nous observait.
Enfin, je suis détaché. Je ne sais quoi, je ne sais qui m'a détaché, Isa, des amarres sont rompues; je dérive. Quelle force m'entraîne?
Il montait dans sa chambre, la dernière bouchée avalée.
Il parlait avec netteté. Son esprit se désengourdissait. Lentement, la machine à raisonner s'était mise en branle et elle ne s'arrêtait plus.
Ces imbéciles qui se persuadent qu'il existe d'une part les amoureuses désintéressées, et de l'autre les rouées qui ne cherchent que l'argent.
Privées de dessert... et je noterai aujourd'hui que vous avez été désobéissantes.
Elle n'eut pas à se détacher, n'ayant point connu d'attachement.
Elle enfouissait ses griefs et les déterrait des semaines après, alors que personne ne se souvenait plus de ce qui en avait été le prétexte.
Elle se console d'avoir oublié ses cigarettes, détestant de fumer dans le noir.
L'homme la dévorait toujours des yeux. Devrait-elle, toute sa vie, être ainsi dévisagée?
Le désoeuvrement, cette disponibilité totale dont je ne sais si je jouis ou si je souffre à la campagne ...
L'anéantissement des caresses ne l'avait pas préparé à la dissolution éternelle. Cette chair finissait sans avoir connu son propre secret.
Le monde sert à cela surtout: il nous surveille; nous oblige à nous tenir sur nos gardes. Il nous détourne de nous-mêmes, nous divertit.
Je prenais avec les femmes, par timidité et par orgueil, ce ton supérieur et doctoral qu'elles exècrent
Le trait dominant de ma nature et qui aurait frappé toute autre femme que toi, c'est une lucidité affreuse.

Œuvres de François Mauriac

Asmodée (1938)Bloc-Notes (1952-1957)Bloc-Notes (1952-1969)Bloc-Notes, 1953Bloc-Notes, I (1852-1969)Bloc-Notes, I (1853-1957)Bloc-notesBloc-notes, IBloc-notes, II (1958-1960)Bloc-notes, IIIBloc-notes, IVCe que je croisD'autres et moi (1967)Dieu et MammonDieu et Mammon (1929)Ecrits intimesGenitrix (1923)JournalJournal (1940)Journal I (1934), Amants