Ce qui étonne le plus un provincial dans une société de Paris, c'est comme tout sujet y est abordé sans vergogne.
Nous avons vu des femmes rejetées par leur milieu, abreuvées d'opprobres, uniquement «parce qu'on parlait d'elles».
Paris détruit les types que la province accuse.
L'affreux de la vie à la campagne, c'est d'être livré sans recours à la pluie, à la boue, à la neige, à la nuit.
Paris nous impose un uniforme; il nous met, comme ses maisons, à l'alignement; il estompe les caractères, nous réduit tous à un type commun.
La religion morte, les liens familiaux desserrés, l'homme tranquille qui naissait, vivait, mourait sur place, n'a plus d'amarres: il dérive.
Ce qui distingue un romancier, un dramaturge, du reste des hommes, c'est justement le don de voir de grands arcanes dans les aventures les plus communes.
Ce qui distingue un romancier, un dramaturge, du reste des hommes, c'est justement le don de voir de grands arcanes dans les aventures les plus communes. Toutes les aventures sont communes, mais non leurs secrets ressorts.
La famille oppose à l'étranger un bloc sans fissure; mais, à l'intérieur, que de rivalités furieuses!
Le monde sert à cela surtout: il nous surveille; nous oblige à nous tenir sur nos gardes. Il nous détourne de nous-mêmes, nous divertit.