Auteur

Eric-Emmanuel Schmitt

Les snobs, ce sont les paresseux qui ne savent ni penser ni juger par eux-mêmes. Pour occuper les snobs, on a inventé la mode, le dernier cri, la nouveauté.
L'artiste sait faire son miel de tout, y compris des chagrins.
La maladie, c'est comme la mort. C'est un fait. Ce n'est pas une punition.
Voilà comment il faut mourir, seul, à la tête de tous, seul au-dessus de tous, le front toujours dans les nuages.
La vérité, c'est juste le mensonge qui nous plaît le plus, non?
L'homme supérieur se montre amical sans familiarité; l'homme vulgaire se montre familier sans amitié.
La sagesse consiste souvent à suivre sa folie plutôt que sa raison.
La vérité ne constitue pas un but, elle n'a d'intérêt que si elle sert; or, la plupart du temps, elle freine; pis, elle détruit.
Notre pays devient une fabrique d'égoïstes surveillés par des névrosés.
Les arbres sont le contraire des hommes: à mesure qu'ils s'élèvent, ils cherchent le ciel.
Qu'est-ce que c'est, aimer un homme d'amour? C'est l'aimer malgré soi, malgré lui, envers et contre tout. C'est l'aimer d'une façon qui ne dépend plus de personne.
Ce n'est pas raisonnable d'aimer toujours, d'aimer longtemps, c'est de la folie pure. La raison, c'est d'aimer juste le temps où c'est agréable.
La décadence de l'amour! Les termites! Ces insectes qui bouffent les poutres et les charpentes. On ne les voit pas, on ne les entend pas, ils grignotent jusqu'à ce qu'un jour la maison s'écroule.
Les hommes fantasment la liberté plus qu'ils ne l'utilisent, ils la gardent précieusement sur une étagère au lieu de l'employer. Là, elle sèche, se racornit et meurt bien avant eux. Car la liberté n'existe que si l'on s'en sert.
C'est étrange une amnésie. Comme une réponse à une question qu'on ignore.
Les moches sont des amants délicieux. Les moches sont toujours vainqueurs en amour. D'ailleurs, il n'y a qu'à compter autour de soi le nombre de femmes superbes qui épousent des orangs-outans.
Un auteur n'est vieux que lorsqu'il ne parle plus à la jeunesse.
La terre cicatrise plus vite que les hommes.
Rien n'est permanent en ce monde; tout est frappé d'éphémère.
Il faut museler le moi. Le renoncement produit de grands effets.
J'y venais donc plein d'espoir. Je humai l'air avant de m'élancer. Le suicide, c'est comme le parachutisme, le premier saut reste le meilleur.
La répétition émousse les émotions, la récidive blase.
Notre société est organisée de telle sorte qu'il vaut mieux être une chose qu'une conscience.
La notoriété est un animal qui se nourrit de lui-même.
La Terre n'est ni ronde, ni plate, Guilden. Elle est rectangulaire, de la taille d'un écran, et elle tourne lorsqu'on appuie sur une touche; on s'y déplace sur le dos d'un curseur, à la vitesse de la lumière, et l'homme n'est qu'un point lumineux.

Œuvres de Eric-Emmanuel Schmitt

Concerto à la mémoire d'un ange (2010)Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne), septembre 2005.Dans Le Monde, 5 août 2016.Entretien pour le quotidien belge Le Soir, supplément culturel du 6 octobre 2004.Frédérick ou le boulevard du crime (1998)Golden Joe (1995)Interview à la RTBF, 27 décembre 2007.Interview à la TV canadienne, 2005.L' Evangile selon Pilate (2000)L'Elixir d'amour (2014)L'Enfant de Noé (2004)L'Evangile selon Pilate (2000)La Nuit de Valognes (1991)La Part de l'autre (2001)La Rêveuse d'Ostende (2007)La Secte des égoïstes (1994)La Tectonique des sentiments (2008)La femme au miroir (2011)La trahison d'Einstein (2014)Le Sumo qui ne pouvait pas grossir (2009)