Œuvre

Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne), septembre 2005.

Je crois que l'enfant est vraiment le héros philosophique par excellence. C'est-à-dire que qu'est-ce que c'est, être philosophe? C'est s'étonner, poser des questions, s'émerveiller, demander des explications.
J'ai l'impression que la musique exprime le monde où on vit, c'est-à-dire la partition sentimentale de l'existence, l'espèce de réalité vitale qui nous lit au monde et aux autres. Je trouve que souvent la musique dit la vérité.
L'humanité se pense, se réfléchit, se trouve, s'éprouve au théâtre d'abord.
Une fois qu'on consent au mystère, on gagne, on gagne en légèreté.
Le fanatisme, c'est une surcompensation du doute. Et le fanatique, c'est celui qui refuse de douter.
L'artiste est là pour célébrer le monde. La musique célèbre le monde. La peinture célèbre le visible. Et pour moi, le romancier ou le dramaturge - encore plus le dramaturge, peut-être - célèbre l'humanité.
C'est une éthique, l'humour. C'est une politesse envers soi et envers l'autre. C'est les bras ouverts, l'humour, ou c'est consolateur, aussi.