Auteur

Eric-Emmanuel Schmitt

Le mal, dans la mort, ce n'est pas le néant, c'est la promesse de la vie qui n'est pas tenue.
Dieu nous donne et nous reprend. On ne réalise qu'il nous a donné quelque chose qu'à l'instant où l'on s'aperçoit qu'il peut le reprendre.
Tant qu'on ne reconnaîtra pas que le salaud et le criminel sont au fond de nous, on vivra dans un mensonge pieux.
Il y a deux sentiments que la nature humaine déteste: la gratitude et la complicité. J'ai pris un grand risque en vous révélant que je connaissais la vérité, celui de perdre votre affection.
L'autorité gagne à ne pas se justifier.
Serait-ce la condition de la femme, tenter sans être tentée?
C'est très protecteur de dire du mal de soi, surtout si l'on sait trouver les bonnes formules: elles vous habillent.
La vérité au singulier, c'est une victoire, c'est la défaite des autres, au mieux un armistice. Mais la vérité n'est jamais une; c'est pour cela qu'elle n'existe pas.
Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Un peu laconique, non, pour décrire une vie entière?
Le but de la prière n'est pas de demander mais d'accepter.
La vie m'a précédée, la vie me succédera mais durant la période de mon existence, la vie a besoin de moi.
Douter et croire sont la même chose. Pilate. Seule l'indifférence est athée.
Il n'y a pas de justice. Tout est loterie. La naissance, la mort, le talent. Et c'est tant pis pour nous.
Il venait de découvrir que certaines joies - sans doute les plus essentielles - ne peuvent être partagées, ni même racontées; elles nous constituent au même titre que nos yeux ou notre colonne vertébrale; elles font de nous ce que nous sommes.
Hitler est à la fois à l'extérieur et à l'intérieur de moi. A l'extérieur dans un passé accompli, dont il ne reste que des cendres et des témoignages. A l'intérieur, car c'est un homme, un de mes possibles, et je dois pouvoir l'appréhender.
Le salaud se regarde tranquillement dans la glace, il s'aime, il s'admire, il se justifie, il a l'impression - tant qu'il n'est pas mis en échec - de triompher des difficultés qui arrêtent les autres; il n'est pas loin de se prendre pour un héros.
Heureux? Quelle drôle d'idée! Est-ce que le soleil est heureux?
L'amitié, on la fait sans la nommer ni la commenter. C'est fort et silencieux. C'est pudique. C'est viril. C'est le romantisme des hommes.
Une possibilité trop longtemps éludée devient une impossibilité.
Le mal est un mystère plus profond que le bien car, dans le bien, il y a une lumière, un dynamisme, une affirmation de la vie.
Tout génocide est un humanocide. Au fond, tout meurtre est un suicide.
Les idées n'appartiennent à personne. Ou plutôt si, elles appartiennent à ceux qui les pensent, les vivifient par leur verbe et les communiquent.
L'être humain au premier jour est un monstre sans conscience car sans conscience d'autrui. Nous avons tous commencé par être des tyrans. C'est la vie, en nous contredisant, qui nous a domestiqués.
Je crois qu'il existe deux sortes de monstres sur cette planète: ceux qui ne pensent qu'à eux, ceux qui ne pensent qu'aux autres. Autrement dit les salauds égoïstes et les salauds altruistes.
La trahison est une lumière crue qui donne sa réalité à tout ce qu'elle éclaire. Peut-être la seule lumière vraie.

Œuvres de Eric-Emmanuel Schmitt

Concerto à la mémoire d'un ange (2010)Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne), septembre 2005.Dans Le Monde, 5 août 2016.Entretien pour le quotidien belge Le Soir, supplément culturel du 6 octobre 2004.Frédérick ou le boulevard du crime (1998)Golden Joe (1995)Interview à la RTBF, 27 décembre 2007.Interview à la TV canadienne, 2005.L' Evangile selon Pilate (2000)L'Elixir d'amour (2014)L'Enfant de Noé (2004)L'Evangile selon Pilate (2000)La Nuit de Valognes (1991)La Part de l'autre (2001)La Rêveuse d'Ostende (2007)La Secte des égoïstes (1994)La Tectonique des sentiments (2008)La femme au miroir (2011)La trahison d'Einstein (2014)Le Sumo qui ne pouvait pas grossir (2009)