Auteur

Didier Van Cauwelaert

Beaucoup de filles sont des fées qui s'ignorent; elles ne savent pas qu'elles sont magiques.
Toujours cette peur de blesser ceux qu'on aime en ouvrant notre coeur. Ce qu'ils déduisent de nos silences leur fait tellement plus mal.
Mais le bonheur est la seule certitude, dans la vie. Si vous passez à côté en connaissance de cause, il se vexe et il ne revient pas. C'est ça la certitude.
Je pense que tout vient de là : vous faites pleuvoir parce que vous avez peur du soleil.
Plus l'intelligence est vaste, moins elle doit se voir, et c'est à cela qu'on la reconnaît.
La vieillesse n'est pas un naufrage; c'est un lent travail de rouille en cale sèche. Jamais je ne finirai comme ça. Dès que je ne me sentirai plus en état de naviguer, je me saborderai.
On ne sait jamais quel malheur nous attend, alors un bonheur est toujours bon à prendre.
Si vous êtes regardé comme un crétin, vous le resterez. Si l'on vous prête de l'intelligence, vous la rendrez au centuple.
Je n'ai pas besoin de croire. Pas envie d'être sûr. La probabilité me suffit.
C'est tout ce que je pense de la religion : quand au départ on n'est pas quelqu'un de bien, ça vous rend deux fois pire. On se repent, on se croit pur et, grâce à la bonne conscience, on retombe encore plus bas.
Pour tenter d'y voir clair, on a parfois intérêt à fermer les yeux.
On n'attend plus rien de la vie, et soudain tout recommence. Le temps s'arrête, le coeur s'emballe, la passion refait surface et l'urgence efface tout le reste.
Pourquoi ne fait-on l'effort de comprendre les autres que lorsqu'ils ne nous gênent plus ? Elle avait tout pour me fournir l'amour qui remplit une vie et nourrit une oeuvre. Mais j'ai cherché ailleurs pour me croire libre.
Depuis des mois, je retarde le moment de fixer par écrit notre dernière nuit. De retourner dans la réalité physique de ce moment de grâce - je pèse mes mots - dont je ne conserve que l'élan, la densité, le mystère.
Le souvenir se remet à vivre quand on lui rend sa liberté.
C'est assez doux, vous le verrez un jour, d'être l'ombre de soi-même. De se dire que les autres n'ont pas réussi à vous modifier.
Je crois en ce garçon. Humour, punch, obstination, hypocrisie et dignité : le Vatican va adorer.
C'est ma femme qui a tout monté. Je ne trouve pas d'autre explication. Elle a su mon accident, elle a cru que j'étais mort et elle a fait passer son amant pour moi.
Je sais pas ce qu'ils vont me demander, mais c'est sûrement d'aller jouer les ambassadeurs dans les pays pétroliers. Genre : « Je suis l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde je vous donne la paix, laissez-nous le sous-sol. »
Ces vieux matelas en laine, une fois qu'ils sont creusés au centre... Il faut choisir : camper chacun sur la bordure, ou alors sombrer ensemble dans la fosse commune.
Sur la vitre qui protège le guichet, un joli dessin montre une gentille dame qui dit Bonjour ! dans une bulle en souriant. Ce qui permet à l'employée, vingt centimètres plus bas, de continuer à faire la gueule en gagnant du temps sur les civilités.
A trente ans on inhume encore une promesse à cinquante on enterre des concessions.
La réalité, comme de toute façon c'est elle qui gagne, il vaut mieux qu'elle arrive le plus tard possible.
Un jour, à force de caresser les mots, ils m'entraîneraient avec eux sous la surface, et il n'y aurait plus personne au-dessus du livre ouvert.
Elle répondit qu'elle n'avait pas le droit de sortir une pièce à conviction. - Quelle conviction ? T'en as une ?

Œuvres de Didier Van Cauwelaert

Attirances (2005)Cheyenne (1993)Corps étranger (1998)Hors de moi (2003)L'Evangile de Jimmy (2004)L'Orange amère (1988)L'éducation d'une féeL'éducation d'une fée (2000)La Demi-pensionnaire (1999)La Maison des lumières (2009)La Nuit dernière au XVe siècle (2008)La Vie interdite (1997)La femme de nos vies (2013)La vie interditeLe Journal intime d'un arbre (2011)Le Père adopté (2007)Les témoins de la mariée (2010)Rencontre sous X (2002)Thomas Drimm, 1 - La fin du monde tombe un jeudi (2009)Un aller simple