Depuis des mois, je retarde le moment de fixer par écrit notre dernière nuit. De retourner dans la réalité physique de ce moment de grâce - je pèse mes mots - dont je ne conserve que l'élan, la densité, le mystère.

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Qui peut dire si l'on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu'on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur?
Quand on s'en va pour la première fois, on ne sait pas comment se retourner.
Une réforme qu'on promet depuis vingt ans, ce n'est plus une réforme, c'est un refrain.
On ne sait jamais quel malheur nous attend, alors un bonheur est toujours bon à prendre.
C'est drôle comme on réagit bizarrement, quand on commence à tenir à quelqu'un.
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Je n'ai pas besoin de croire. Pas envie d'être sûr. La probabilité me suffit.