Auteur

Didier Van Cauwelaert

Ce qui compte, c'est d'avoir toujours quelque chose à attendre.
Quand on s'en va pour la première fois, on ne sait pas comment se retourner.
Les heures de bonheur, on les a pour la vie, mais les heures perdues ne se rattrapent jamais.
C'était fou, le pouvoir d'une légende, quand on se donnait la peine d'y croire.
Si on se laisse aller au désespoir, on finit mangé par les rêves qu'on a vécus de travers.
Il faut souffrir ponctuellement de la présence des autres, pour apprécier ensuite la solitude en connaissance de cause: les vrais solitaires ne sont pas des ermites, mais des mondains intermittents.
Il y a une certaine incompatibilité, voire un choix nécessaire, entre comprendre et se faire plaisir.
Ce sont nos illusions qui créent le monde.
Ah oui, au fait, nous avons cloné le Christ.
Le jour où boire et fumer n'existeront plus, on lira sur les murs: Vivre est dangereux pour la santé, avec le numéro de la loi qui le décrète.
Qui peut dire si l'on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu'on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur?
Paix à ceux qui cherche, paix à ceux qui sont seuls et tournent dans le vide... Car hier et demain n'existent pas: tout est aujourd'hui, tout est là, tout est présent. Ce qui est passé, se passe encore.
Le vrai drame, la vraie injustice, c'est de survivre tout seul quand on se sent inutile. ou de mourir pour rien en croyant qu'on va sauver quelqu'un.
Ma vie est une somme de futurs antérieurs destinée à ne rien perdre, une façon comme une autre d'envisager l'avenir sans vraiment s'y soumettre. Se projeter en avant pour revenir en arrière.
Je tourne en rond, je revis nos souvenirs en boucle, dans l'illusion que le bonheur passé finira par déteindre sur le présent pour nous redonner un avenir.
J'attends qu'elle revienne tandis qu'elle voudrait que je l'oublie. J'attends qu'elle change, alors qu'elle est enfin bien dans sa peau, dit-elle, et elle m'en remercie, mais je ne suis plus compatible avec ce que je l'ai aidée à devenir.
Maman avait toujours raté sa vocation d'arriviste; ça la rendait humaine malgré son physique de jeu vidéo.
A trente ans on inhume encore une promesse; à cinquante on enterre des concessions.
Une réforme qu'on promet depuis vingt ans, ce n'est plus une réforme, c'est un refrain.
Chaque 1er août, j'attelle la caravane à la voiture, et on va la promener. Il ne faut pas trop se plaindre. Un chien, par exemple, ça se sort tous les jours.
Quand on refuse de se mentir, on se condamne fatalement à la déception.
C'est bon d'avoir eu un copain. C'est moins douloureux qu'une femme, quand ça vous quitte. On a toujours l'espoir qu'on restera copains, et que les moments passés ensemble ne seront pas effacés par de nouveaux souvenirs avec un autre.
C'est ça, pour moi, l'instinct de liberté. S'affranchir de ce qu'on a gagné et de ce qu'on a perdu pour l'offrir aux autres.
C'est quand on a tout perdu qu'on se retrouve.
Tout le monde est beau, à vingt ans. Après, on a la tête qu'on mérite.

Œuvres de Didier Van Cauwelaert

Attirances (2005)Cheyenne (1993)Corps étranger (1998)Hors de moi (2003)L'Evangile de Jimmy (2004)L'Orange amère (1988)L'éducation d'une féeL'éducation d'une fée (2000)La Demi-pensionnaire (1999)La Maison des lumières (2009)La Nuit dernière au XVe siècle (2008)La Vie interdite (1997)La femme de nos vies (2013)La vie interditeLe Journal intime d'un arbre (2011)Le Père adopté (2007)Les témoins de la mariée (2010)Rencontre sous X (2002)Thomas Drimm, 1 - La fin du monde tombe un jeudi (2009)Un aller simple