Ce qui m'a toujours beaucoup nui, c'est que j'ai toujours méprisé ceux que je n'estimais pas.
Auteur
Charles de Secondat, baron de Montesquieu
J'aime mieux être tourmenté par mon coeur que par mon esprit.
Un ouvrage original en fait toujours construire cinq ou six cents autres ; les derniers se servent des premiers à peu près comme les géomètres se servent de formules.
Les maximes de La Rochefoucauld sont les proverbes des gens d'esprit.
Dieu est comme ce monarque qui a plusieurs nations dans son empire ; elles viennent toutes lui porter un tribut, et chacune lui parle sa langue, religion diverse.
La dévotion est une croyance qu'on vaut mieux qu'un autre.
Les Français sont agréables ; ils se communiquent, sont variés, se livrent dans leurs discours, se promènent, marchent, courent, et vont toujours jusqu'à ce qu'ils soient tombés.
Les Anglais sont des génies singuliers ; ils n'imiteront pas même les anciens qu'ils admirent : leurs pièces ressemblent bien moins à des productions régulières de la nature, qu'à ces jeux dans lesquels elle a suivi des hasards heureux.
A Paris on est étourdi par le monde ; on ne connaît que les manières, et on n'a pas le temps de connaître les vices et les vertus.
Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on doit avoir en sa vie, contre des heures délicieuses.
Par malheur, trop peu d'intervalle entre le temps où l'on est trop jeune et celui où l'on est trop vieux.
On aurait dû mettre l'oisiveté continuelle parmi les peines de l'enfer ; il me semble au contraire qu'on l'a mise parmi les joies du paradis.
Je disais sur les amis tyranniques et avantageux : L'amour a des dédommagements que l'amitié n'a pas.
Je hais Versailles, parce que tout le monde y est petit ; j'aime Paris, parce que tout le monde y est grand.
Les histoires sont des faits faux composés sur des faits vrais, ou bien à l'occasion des vrais.
Il faut regarder son bien comme son esclave, mais il ne faut pas perdre son esclave.
La pudeur sied bien à tout le monde ; mais il faut savoir la vaincre, et jamais la perdre.
Il y a trois tribunaux qui ne sont presque jamais d'accord : celui des lois, celui de l'honneur, celui de la religion.
Le bonheur ou le malheur consistent dans une certaine disposition d'organes, favorable ou défavorable.
Un flatteur est un esclave qui n'est bon pour aucun maître.
Les gens qu'on dit être de si bonne compagnie ne sont souvent que ceux dont les vices sont les plus raffinés.
La Loi, faite pour nous rendre plus justes, ne sert souvent qu'à nous rendre plus coupable.
Ceux qui négligent de nous la dire nous ravissent un bien qui nous appartient. Ils rendent vaines les vues que Dieu a eues sur eux et sur nous. Ils lui résistent dans ses desseins et le combattent dans sa providence.
Ils font comme le mauvais principe des Mages, qui répandent les ténèbres dans le monde, au lieu de la lumière, que le bon principe y avait créée.
On s'imagine ordinairement que ce n'est que dans la jeunesse que les hommes ont besoin d'éducation ; vous diriez qu'ils sortent tous des mains de leurs maîtres, ou parfaits, ou incorrigibles.
Œuvres de Charles de Secondat, baron de Montesquieu
CahiersCahiers, III, Art d'écrireCahiers, IV, Maximes, XIXCahiers, Sur l'hommeConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734)Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), IIConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), IVConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), VIIIConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), XVIIICorrespondanceDe l'esprit des lois (1748)De l'esprit des lois (1748), I, 4De l'esprit des lois (1748), II, 2De l'esprit des lois (1748), IV, 5De l'esprit des lois (1748), PréfaceDe l'esprit des lois (1748), V, 10De l'esprit des lois (1748), VII, 6De l'esprit des lois (1748), XIX, 16De l'esprit des lois (1748), XIX, 7De l'esprit des lois (1748), XV, 5