Il n'y a pas de source plus sûre de consolations que de voir avec une parfaite évidence la nécessité inévitable de ce qui arrive.
Auteur
Arthur Schopenhauer
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Nous ne mettons jamais tant d'art à mentir et à flagorner que quand il s'agit de nous duper nous-mêmes.
Qu'est-ce en fin de compte que la vie ? Un flux perpétuel de la matière, à travers une forme qui demeure invariable ; de même l'individu passe et l'espèce ne passe pas.
L'homme qui reste calme dans les revers, prouve qu'il sait combien les maux possibles dans la vie sont immenses et multiples, et qu'il ne considère le malheur qui survient en ce moment que comme une petite partie de ce qui pourrait arriver.
Ni aimer, ni haïr, c'est la moitié de la sagesse humaine : ne rien dire et ne rien croire l'autre moitié. Mais avec quel plaisir on tourne le dos à un monde qui exige une pareille sagesse.
L'homme qui a suffisamment de richesse intérieure préfère rester hors de la société, pour n'avoir rien à donner et rien à supporter.
L'homme est certes libre de faire ce qu'il veut, mais il ne peut vouloir ce qu'il veut.
La faiblesse de notre intelligence et la perversité de notre volonté se soutiennent mutuellement.
Il y a vraiment sur la terre de très beaux paysages ; mais les figures qui les peuplent sont toujours mauvaises ; aussi ne doit-on pas s'arrêter auprès d'elles.
Comme symbole d'effronterie et d'impertinence, il faudrait prendre la mouche. Tandis que tous les animaux, en effet, craignent l'homme au-dessus de tout et le fuient déjà de loin, la mouche, elle, se pose sur son nez.
L'appréciation de la grandeur intellectuelle d'un homme est en soi opposée à celle de la grandeur physique : celle-ci est rapetissée par la distance, celle-là accrue.
Il m'advient presque toujours parmi les hommes ce qui advenait à Jésus de Nazareth, quand il réveillait ses apôtres, tous constamment endormis.
Toute ma philosophie peut se résumer dans cette expression : le monde est l'auto-connaissance de la volonté.
Si j'étais roi, l'ordre que je donnerais le plus souvent et avec le plus d'insistance serait celui-ci : Laissez-moi seul !
La Suisse ressemble à un génie : belle et sublime, mais peu propre à porter des fruits nourrissants. Par contre, la Poméranie et la Marche du Holstein sont excessivement fertiles, mais plates et ennuyeuses, comme l'utile philistin.
Si seulement je pouvais me débarrasser de l'illusion de regarder les crapauds et les vipères comme mes égaux ! Cela me rendrait de grands services.
Quelle est la plus grande jouissance possible à l'homme ? - La connaissance intuitive de la vérité. - L'exactitude de la réponse ne souffre pas le moindre doute.
Me mêler aux querelles philosophiques de mon temps, cela m'entre aussi peu dans l'esprit que, quand je vois la populace se rosser dans la rue, je ne songe à descendre et à prendre part à la bagarre.
Mon époque et moi ne nous accordons pas ensemble, la chose est claire. Mais qui de nous deux gagnera le procès devant le tribunal de la postérité ?
Que bientôt les vers doivent ronger mon corps, c'est une pensée que je puis supporter ; mais que les professeurs rongent ma philosophie ! cela me donne le frisson.
Je fais ici cette confession en prévision de ma mort, que je méprise la nation allemande à cause de son immense bêtise, et que je rougis de lui appartenir.
Le monde n'est pas une fabrique et les animaux ne sont pas des produits à l'usage de nos besoins.
L'art reproduit les idées éternelles qu'il a conçues par le moyen de la contemplation pure, c'est-à-dire l'essentiel et le permanent de tous les phénomènes du monde.
L'homme est le seul animal qui en fait souffrir d'autres sans autre but que celui-là.
Dans chaque être vivant se trouve en entier le centre du monde.
Œuvres de Arthur Schopenhauer
Aphorismes et Insultes (2012)Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1851)ApocrypheCahiers manuscritsCaractères des différents peuplesConseils et MaximesEssai sur les apparitions et opuscules divers (1912)L'Art d'avoir toujours raison (1830-1831)L'Art d'être heureuxLa vie, l'amour et la mort (1897)Le Fondement de la moraleLe Monde comme volonté et comme représentation (1818)Le Monde comme volonté et comme représentation (1818), IV, 59Le Monde comme volonté et comme représentation (1819)Le Monde comme volonté et représentation (1819)Le Monde comme volonté et représentation (1819), IV, 55Maximes et PenséesObservations psychologiquesParerga et ParalipomenaParerga et Paralipomena (1851)