Il semble que le bon Dieu ait créé le monde au profit du diable : il aurait mieux fait de s'abstenir.
Auteur
Arthur Schopenhauer
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Ce qui, par dessus tout, contribue le plus directement à notre bonheur, c'est une humeur enjouée, car cette bonne qualité trouve tout de suite sa récompense en elle-même. En effet, celui qui est gai a toujours motif de l'être par cela qu'il l'est.
Ce qui rend les hommes sociables, c'est qu'ils sont incapables de supporter la solitudes et de se supporter eux-mêmes quand ils sont seuls.
La solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d'être avec soi-même, et le second, de n'être pas avec les autres.
S'il y avait un dieu, je n'aimerais pas être ce dieu, la misère du monde me déchirerait le coeur.
Pour se pousser à travers le monde, il est utile d'emporter avec soi une ample provision de circonspection et d'indulgence ; la première nous garantit contre les préjudices et les pertes, la seconde nous met à l'abri de disputes et de querelles.
Les amis de la maison sont ordinairement bien nommés de ce nom, car ils sont plus attachés à la maison qu'au maître ; ils ressemblent aux chats plus qu'aux chiens.
Les amis se disent sincères ; ce sont les ennemis qui le sont ; aussi devrait-on, pour apprendre à se connaître soi-même, prendre leur blâme comme on prendrait une médecine amère.
Abstenons-nous aussi, dans la conversation, de toute observation critique, fût-elle faite dans la meilleure intention, car blesser les gens est facile, les corriger difficile, sinon impossible.
Point d'argent mieux placé que celui dont nous nous sommes laissé voler, car il nous a immédiatement servi à acheter de la prudence.
Ni aimer ni haïr comprend la moitié de toute sagesse ; ne rien dire et ne rien croire, voilà l'autre moitié. Il est vrai qu'on tournera volontiers le dos à un monde qui rend nécessaires des règles comme celles-là et comme les suivantes.
Le pauvre n'est pas troublé par les grandes possessions des riches, et, à l'inverse, le riche n'est pas consolé, quand ses projets échouent, par la quantité de biens qu'il possède déjà.
Lors d'une bonne fortune, la poussée de nos prétentions s'accentue, et elles gonflent : là réside la joie.
Rien n'est plus irréconciliable et plus cruel que la jalousie : et pourtant nous sommes constamment et avant tout préoccupés d'éveiller la jalousie !
Les Juifs sont le peuple choisi de leur Dieu et il est le Dieu choisi de son peuple ; cela ne regarde personne.
Quiconque passe sa vie sans souffrances excessives, physiques ou psychiques a eu le sort le plus heureux qu'ont pouvait trouver.
En tout et pour tout on ne jouit à proprement parler que de soi-même. Que le Soi ne vaille rien, et tous les grands plaisirs sont comme des vins délicieux dans une bouche contaminée par la gale.
La richesse ressemble à l'eau de mer : plus on en boit et plus on a soif.
Le sage n'aspire pas au plaisir, mais à l'absence de souffrance : Aristote, Ethique à Nicomaque. Nous voyons que le mieux qu'on puisse trouver au monde est un présent sans souffrance, qu'on puisse supporter paisiblement.
Ni aimer ni haïr comprend la moitié de toute sagesse ; ne rien dire et ne rien croire, voilà l'autre moitié.
La prière : Ne nous induis pas en tentation, veut dire : Ne me laisse pas voir ce que je suis.
Nul homme n'a qualité pour s'ériger en juge et en punisseur, au sens moral pur des mots, non plus que pour châtier, par des douleurs qu'il infligerait, les méfaits d'autrui.
Presque toutes les langues le disent ; leur mot pour dire vanité, vanitas, signifie vide, néant.
L'existence des hommes est bien plus occupée par des actes de volonté que par des actes de connaissance.
L'ennui a assez de force pour amener des êtres, qui s'aiment aussi peu que les hommes entre eux, à se rechercher malgré tout ; il est le principe de la sociabilité.
Œuvres de Arthur Schopenhauer
Aphorismes et Insultes (2012)Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1851)ApocrypheCahiers manuscritsCaractères des différents peuplesConseils et MaximesEssai sur les apparitions et opuscules divers (1912)L'Art d'avoir toujours raison (1830-1831)L'Art d'être heureuxLa vie, l'amour et la mort (1897)Le Fondement de la moraleLe Monde comme volonté et comme représentation (1818)Le Monde comme volonté et comme représentation (1818), IV, 59Le Monde comme volonté et comme représentation (1819)Le Monde comme volonté et représentation (1819)Le Monde comme volonté et représentation (1819), IV, 55Maximes et PenséesObservations psychologiquesParerga et ParalipomenaParerga et Paralipomena (1851)