Auteur

Arthur Schopenhauer

L'être humain est, au fond, un animal sauvage et effroyable. Nous le connaissons seulement dompté et apprivoisé par ce que nous appelons la civilisation.
Ce qui rend les hommes sociables est leur incapacité à supporter la solitude et donc, eux-mêmes.
Il est aussi absurde de pleurer sur le temps où on ne sera plus, qu'il le serait de déplorer celui où l'on n'était pas encore.
Je suis persuadé que s'il ne restait que deux hommes au monde, le plus fort n'hésiterait pas une minute, à défaut de suif pour frotter ses bottes, à tuer son unique compagnon afin d'en prendre la graisse.
La beauté est une lettre de recommandations qui conquiert tous les coeurs du premier coup.
Le monde visible n'est que le miroir de la volonté.
Le sommeil est pour l'ensemble de l'homme ce que le remontage est à la pendule.
Les hommes sont mille fois plus acharnés à acquérir des richesses que la culture, bien qu'il soit parfaitement certain que le bonheur d'un individu dépend bien plus de ce qu'il est que de ce qu'il a.
Ne pas se rendre au théâtre, c'est comme faire sa toilette sans miroir.
Si la loi du matérialisme était la vraie loi, tout serait éclairci. Le «pourquoi» du phénomène serait ramené au «comment».
Une démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l'homme qui lui fait tout rapporter à lui-même est offerte par l'astrologie qui met en rapport la trajectoire des grands corps céleste et le misérable moi.
Voleur un jour, volera toujours.
La mort est le génie qui inspire le philosophe, l'Apollon musagète de la philosophie... S'il n'y avait pas la mort, on ne philosopherait guère.
En face d'une oeuvre d'art, il importe de se taire comme en présence d'un prince: attendre de savoir s'il faut parler et ce qu'il faut dire, et ne jamais prendre la parole le premier. Faute de quoi, on risquerait fort de n'entendre que sa propre voix.
Ce que raconte l'histoire n'est en fait que le long rêve, le songe lourd et confus de l'humanité.
C'est la pensée qui donne au style sa beauté, mais chez les pseudo-penseurs c'est le style qui doit orner les pensées.
Le bruit est la plus importante des formes d'interruption. C'est non seulement une interruption, mais aussi une rupture de la pensée.
L'égoïsme inspire une telle horreur que nous avons inventé la politesse pour le cacher, mais il perce à travers tous les voiles et se trahit en toute rencontre.
La pitié, principe même de toute moralité, prend aussi les bêtes sous sa protection. - ... - Une pitié illimitée envers tous les êtres vivants est la garantie la plus solide et la plus certaine de la bonne conservation des moeurs...
Personne ne peut sortir de son individualité.
Et Socrate, à la vue d'objets de luxe exposés pour la vente, s'écriait: «Combien il y a de choses dont je n'ai pas besoin!»
L'essentiel pour le bonheur de la vie, c'est ce que l'on a en soi-même.
... cent fous mis en un tas ne font pas encore un homme raisonnable.
L'homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l'homme de talent que de l'employer.
... ma philosophie ne m'a rien rapporté, mais elle m'a beaucoup épargné.

Œuvres de Arthur Schopenhauer

Aphorismes et Insultes (2012)Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1851)ApocrypheCahiers manuscritsCaractères des différents peuplesConseils et MaximesEssai sur les apparitions et opuscules divers (1912)L'Art d'avoir toujours raison (1830-1831)L'Art d'être heureuxLa vie, l'amour et la mort (1897)Le Fondement de la moraleLe Monde comme volonté et comme représentation (1818)Le Monde comme volonté et comme représentation (1818), IV, 59Le Monde comme volonté et comme représentation (1819)Le Monde comme volonté et représentation (1819)Le Monde comme volonté et représentation (1819), IV, 55Maximes et PenséesObservations psychologiquesParerga et ParalipomenaParerga et Paralipomena (1851)