Auteur

Anne Percin

Tous les crève-cœurs de l'enfance sont des douleurs saignantes qui se referment et laissent des cicatrices. La sagesse n'est rien d'autre qu'un réseau de stigmates.
J'avais amené avec moi des phrases, des bribes d'histoires, des vers de poèmes , que je me récitais comme on fredonne une musique. C'est une habitude que j'ai toujours et qui m'aide à fixer dans ma mémoire les images des paysages ou des visages aperçus : ils se mêlent aux mots tirés de mes lectures et deviennent indélébiles.
On avait pourtant tenté de m'apprendre qu'il était plus sage et plus responsable de résister à la tendresse. Mais c'est une leçon difficile pour un enfant.
Aucune mère ne devrait avoir à supporter çà. La mort de l'enfant, c'est le pire de la mort.
Ça avait l'air si beau d'être amoureuse. Ça te donnait un air alangui, un peu triste, et pourtant tu rayonnais comme une princesse de contes.
Ce sont des adultes. Ils peuvent se permettre d'avoir l'air idiot. Ils assument la bêtise pour nous laisser l'intelligence.
Ma meilleure évasion reste ma création. L'invention. Les liens fragiles et magiques à tisser entre rêve et réalité. La poésie est le dessert de l'esprit, l'humour en est le fruit.
La vie m'a souvent prouvé que j'avais raison, car la réussite d'une fête quelle qu'elle soit, vient plus de la bonne humeur qu'on y met que des vêtements que l'on porte
On se réhabitue vite aux choses du tendre quand on revient d'un champ de bataille.
Il ne s'agissait plus de séduire : c'était fait. Maintenant, il fallait briller, suffisamment fort pour que ton souvenir soit inoubliable, qu'il reparte avec comme chargé d'un trésor, car les garçons sont sentimentaux plus qu'on ne le croit, et font comme nous à l'adolescence, des provisions d'images qui leur durent toute la vie...
Mamie n'a jamais su résister au plaisir de bourrer ses petits-enfants de crêpes. Elle les fait mieux que personne et surtout, elle en fait des tonnes. Et quoi qu'on mette dessus ou dedans, elle ne s'offusque jamais. J'ai le souvenir ému d'un crêpe rillettes / Nesquick qu'elle m'a regardé manger, l’oeil embué par la fierté familiale.
Parfois, dans le vie, il faut savoir disparaître, pour que les autres se rendent compte qu'ils tiennent à vous.
Tous les malheurs du monde arrivent parce que les gens uniques s'obstinent à se comporter comme tout le monde.
J'ai un âge où, apparemment, mon avis compte. On me sonde, on me consulte avant de me traîner de force dans des lieux hostiles. Quand vos enfants cessent de vous demander d'où ils viennent et ne vous disent plus où ils vont, disait un proverbe affiché à l'entrée du Super-U l'été dernier, c'est qu'ils sont devenus des ados. Je me souviens que mon père l'avait lu à haute voix, avec l'air d'un disciple de Confucius qui médite les paroles du Maître. Alors qu'en réalité, c'était juste une grosse connerie écrite au marqueur bleu effaçable sur un panneau d'hypermarché, entre la météo du jour et « Le Conseil de votre poissonnier »...
J'ai un âge où, apparemment, mon avis compte. On me sonde, on me consulte avant de me traîner de force dans des lieux hostiles.
On a beau dire, mais même la misanthropie, ça se partage. C’est toujours plus agréable de se plaindre du monde entier à un pote, que de se lamenter tout seul. Pour critiquer la société, on a besoin d’un public. Parfois, j’en avais un peu ma claque d’être tout seul à avoir raison et à rire de mes blagues en solo.
On a beau dire, mais même la misanthropie, ça se partage. C’est toujours plus agréable de se plaindre du monde entier à un pote, que de se lamenter tout seul.
Pour critiquer la société, on a besoin d’un public.
Heureusement , il me reste internet source inépuisable de distraction bon marché .
Maxime, tu es encore devant l'ordinateur... - \r\nUne petite phrase souvent entendue, pour laquelle j'ai ma réponse toute prête : - \r\n- Eh oui, j'ai déjà essayé derrière, mais on voit moins bien...
Alors, s'il y a bien un truc qui m'énerve, ce sont les gens qui quittent leur ordi toutes les deux secondes pour aller vivre leur vraie vie. Si tout le monde faisait ça, ma pauvre Lucette, il n'y aurait plus personne sur Spacebook.
C'est là que j'ai compris : une aubergine, ça se traite comme une bimbo sur la plage. On la déshabille, on la tartine d'huile et on la laisse bronzer à petit feu, à son rythme.
Tant que tu es là, je n'ai pas besoin du reste de l'humanité.
Avec mon T-shirt noir à l'effigie d'Homer Simpson mangeant un donut, les cheveux emmêlés dressés sur ma tête comme un rasta, mes baskets pourries et mon bermuda de randonneur, on aurait dit un Playmobil fabriqué avec des pièces de rechange.
Tout ce qui ressemble de près ou de loin à une relation amoureuse s’apparente à une parade nuptiale digne des dindons. On se gonfle les plumes, on se rengorge (pour les mâles), on se tortille le derrière, on roucoule (pour la femelle). On devient moche, on devient con(ne), on laisse tomber ses ami(e)s, on prend des airs niais, on rit pour un rien, enfin on ne rit plus du tout. On se fait des serments, on les viole, on ment, on se sépare. Au suivant ! Et ça recommence

Œuvres de Anne Percin

Bonheur Fantôme (2009)Comment (bien) gérer sa love Story (2011)Comment (bien) rater ses vacances (2010)Comment devenir une rock star (ou pas) (2012)Le premier été (2011)Les singuliers (2014)Ma mère, le crabe et moi (2015)Western girl (2013)