Ça avait l'air si beau d'être amoureuse. Ça te donnait un air alangui, un peu triste, et pourtant tu rayonnais comme une princesse de contes.

À lire aussi de Anne Percin

On était comme deux blessés qui n'osent pas se toucher de peur de se faire mal. Et qui se contentent d'esquisser quelques gestes à travers leurs bandages, le plus doucement possible pour ne pas faire craquer les pansements.
On ne comprend pas immédiatement ce qu'on voit. Mais si on laisse à l'esprit le temps de réfléchir, soudain, l'image se met à exister - non pas devant nos yeux, comme appartenant à la réalité extérieure, mais dans notre cerveau. Une image intérieure se forme, complexe, changeante : elle n'a rien de définitif. Comment te dire ? C'est une peinture qui a l'air folle, et qui est très intelligente.
Tout vêtement est un travestissement. A défaut d'avoir le droit d'aller nu, on doit au moins avoir celui d'être libre de ses mouvements. Comme le dit justement George Sand, pour n'être pas remarquée en homme, il faut déjà avoir l'habitude de ne pas se faire remarquer en femme...
On ne me saoule jamais, même pas d'histoires. Je tiens l'ennui comme d'autres tiennent l'alcool. Je ne contredis pas, je ne polémique pas, j'écoute. J'adore entendre les gens parler de leur vie, se souvenir, expliquer, chercher en eux-mêmes le parcours qui les a menés où ils sont. Je suis complaisant, bienveillant, patient. Je pousse le vice jusqu'à feuilleter avec enthousiasme leurs albums de photos.
J'ai d'ores et déjà compris une chose, c'est que l'art est un masque. C'est le masque qui rend acceptable, tolérable, visible, appréciable même peut-être, pour la société, une singularité qui normalement, vous condamne à en être rejeté.
Toutes les citations de Anne Percin →

Dans la même œuvre

Ça simplifie tellement les choses, me suis-je dit, quand on sait exactement ce qu'il faut faire ! Il n'y a pas d'impair, pas de brutalité, pas d'erreur, tout tombe juste, on fait ce qu'il faut quand il faut, les autres même peuvent regarder, c'est comme un spectacle.
Chacun était convaincu d'être dans son bon droit, du bon côté de la vie. Mais, je le savais désormais, il n'y avait pas de bon côté. Et je savais aussi je ne n'échapperais pas à cette fatalité. Sans le savoir, j'avais déjà glissé du côté où les hommes se croient sauvés : du côté de la raison, de la morale, de la normalité.
Je veux me perdre avec l'intention de me retrouver.
À seize ans, la peau n'est pas un rempart assez solide pour se passer de carapace. Il faut des déguisements, des masques, pour supporter le regard des autres sur soi alors qu'on ignore totalement à quoi on peut ressembler.
Je n'ai jamais douté que j'avais des racines, moi. Je ne les ai jamais arrachées. Tout juste ai-je tiré parfois sur certaines lianes qui me gênaient, qui m'empêchaient d'avancer.