Dans l'art, le difficile n'est pas seulement de creuser sans rien voir, c'est de tenir le plus longtemps possible et de ne pas céder, ni à la société qui a l'air de vouloir vous faire crever, ni à votre propre démon qui le veut tout autant.
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On ne me saoule jamais, même pas d'histoires. Je tiens l'ennui comme d'autres tiennent l'alcool. Je ne contredis pas, je ne polémique pas, j'écoute. J'adore entendre les gens parler de leur vie, se souvenir, expliquer, chercher en eux-mêmes le parcours qui les a menés où ils sont. Je suis complaisant, bienveillant, patient. Je pousse le vice jusqu'à feuilleter avec enthousiasme leurs albums de photos.
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La souffrance physique n'est pas la mort de l'âme, elle est son combat. La tristesse, c'est la mort de l'âme.
Pourquoi la route vers l'art est-elle pour certains, comme un sentier bordé de fleurs qu'on suit toujours en montant et, pour d'autres, une longue chute dans un gouffre sans fond ? Tandis que certains marchent sereinement vers l'inconnu, d'autres ne font que tomber. Pourquoi ?
Moi je n'aspire qu'à être singulier, et ça demande bien des efforts quand on a été élevé dans une tribu.
Ma meilleure évasion reste ma création. L'invention. Les liens fragiles et magiques à tisser entre rêve et réalité. La poésie est le dessert de l'esprit, l'humour en est le fruit.
Dans la même œuvre
J'ai d'ores et déjà compris une chose, c'est que l'art est un masque. C'est le masque qui rend acceptable, tolérable, visible, appréciable même peut-être, pour la société, une singularité qui normalement, vous condamne à en être rejeté.
Supporter d'entendre sa propre pensée demande un courage que je n'avais pas il y a encore quelques années. Je préférais me taire et m'oublier dans la musique.
Le bonheur, même quand il vous est donné d'un coup, il faut se retenir d'en jouir trop vite, il faut en faire de petites provisions pour les jours d'après. Car viennent ensuite des jours entiers, tout noirs.
Aimer, c'est sentir vivre en soi quelqu'un qui n'est pas soi.
Qu'on fasse cent mètres ou qu'on en fasse trois millions, partir c'est avancer, bouger, vivre. Je n'aime pas le voyage, j'aime le départ. Pas besoin d'exotisme. C'est le premier pas qui coûte. Partir, ce n'est pas mourir un peu. Partir, c'est vivre.