A supposer que les civilisations disparues soient mortes, leur art ne l'est pas: même si l'Egyptien de l'Ancien Empire doit nous demeurer à jamais inconnu, ses statues sont dans nos musées, où elles ne sont pas muettes.
Le peignoir rose d'Olympia, le balcon framboise du petit Bar, l'étoffe bleue du Déjeuner sur l'Herbe, de toute évidence sont des taches de couleur, dont la matière est une matière picturale, non une matière représentée.
La chrétienté n'avait pas été totalitaire: les Etats totalitaires sont nés de la volonté de trouver une totalité sans religion, et elle avait connu au moins le pape et l'empereur; mais, comme l'Inde, elle avait été un tout.
La relation de tout artiste avec l'art est du domaine de la vocation. Est une vocation religieuse authentique n'est pas ressentie comme la conséquence d'un choix, mais une réponse à l'appel de Dieu.
Dans sa lutte contre les puissances de l'instinct, la culture n'est pas l'accumulation des valeurs du passé, elle en est l'héritage conquis.
L'une des ambitions premières du roman sera de saisir l'expérience humaine à travers la fiction.
Le génie du romancier est dans la part du roman qui ne peut être ramenée au récit.
Il est révélateur que pas une mémoire de grand artiste ne retienne une vocation née d'autre chose que l'émotion ressentie devant l'oeuvre.
Beaucoup moins de femmes se coucheraient, si elles pouvaient obtenir dans la position verticale les phrases d'admiration dont elles ont besoin et qui exigent le lit.
On trouve toujours l'épouvante en soi. Il suffit de chercher assez profond.
On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillesses sont vides, c'est que tant d'hommes l'étaient et le cachaient.
La maladie chimérique, dont la volonté de puissance n'est que la justification intellectuelle, c'est la volonté de déité: tout homme rêve d'être dieu.
Mon pauvre petit, chacun de nous ne connait que sa propre douleur.
II faut toujours s'intoxiquer: ce pays a l'opium, l'Islam le haschisch, l'Occident la femme. Peut-être l'amour est-il surtout le moyen qu'emploie l'Occidental pour s'affranchir de sa condition d' homme.
Les blessures du plus profond amour suffisent à faire une assez belle haine.
J'ai appris qu'une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie.
J'ai appris aussi qu'une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie.
Juger c'est, de toute évidence ne pas comprendre puisque, si l'on comprenait, on ne pourrait pas juger.
Avez-vous regardé les portraits ou les visages des hommes qui ont défendu les plus belles causes? Ils devraient être joyeux - ou sereins, au moins. Leur première expression, c'est toujours la tristesse.
Pour parler d'amour aux amoureux, il faut avoir été amoureux, il ne faut pas avoir fait une enquête sur l'amour.
La force d'un penseur n'est ni dans son approbation ni dans sa protestation, mon bon ami, elle est dans l'explication.
On ne possède d'un être que ce qu'on change en lui.
Il n'y a rien de plus prenant chez un homme que l'union de la force et de la faiblesse.
Les hommes ont des voyages, les femmes ont des amants.
Il n'y a pas de dignité possible, pas de vie réelle pour un homme qui travaille douze heures par jour sans savoir pour qui il travaille.
Œuvres de André Malraux
A la Conférence des Pays Francophones, Niamey, 17 février 1969.Allocution au Congrès de l'Oeuvre du XXe siècle, 31 mai 1952.Antimémoires (1967)ApocrypheCité par Georges Duthuit dans Le Musée inimaginable (1956).Cité par Guy Suarès dans Malraux, celui qui vient (1979).Cité par Jean-François Deniau.Cité par Roger Stéphane dans Toutes choses ont leur saison (1979).Discours, Inauguration de la Maison de la Culture de Grenoble, 13 février 1968Discours, à l'Assemblée Nationale, 29 décembre 1945.Discours, à l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens, 19 mars 1966.Discours, à l'inauguration de la maison de la culture de Bourges, avril 1964Discours, à la Chambre des députés, 1945Esquisse d'une psychologie du cinéma (1946)Interview dans L'Express, 7 juin 1976.Interview à Pierre Desgraupes, Le Point, 10 novembre 1975L'Espoir (1937)L'Homme précaire et la Littérature (1977)L'Homme précaire et la Littérature (1977)La Condition humaine (1933)