Mais tout hiératisme est un refus du profane, l'équivalent des langues sacrées, sanscrit ou latin d'églises; l'indépendance du personnage n'exprime pas la découverte et le triomphe de l'imitation, mais la libération du sacré.
C'est la sculpture qui apparente l'hipparque à quelque Héraclès, voire à Zeus; mais elle n'apparente pas Zeus à un hipparque, c'est-à-dire à un chef de cavalerie.
Le modèle de tout art réaliste n'est qu'un des moyens de l'artiste contre le style idéalisateur ou religieux qui précède le sien.
La révolution d'Alger n'était pas moins confuse. On savait mal à Paris ce que signifiait le mot intégration. Soustelle avait dit: c'est le contraire de la désintégration.
Un monde sans espoir est irrespirable.
Le coeur viril des hommes est un refuge à morts qui vaut bien l'esprit.
L'approche de la faillite apporte aux groupes financiers une conscience intense de la nation à laquelle ils appartiennent.
La souffrance ne peut avoir de sens que quand elle ne mène pas à la mort, et elle y mène presque toujours.
Il n'y a pas de dignité possible, pas de vie réelle pour un homme qui travaille douze heures par jour sans savoir pourquoi il travaille.
La connaissance d'un être est un sentiment négatif: le sentiment positif, la réalité, c'est l'angoisse d'être toujours étranger à ce qu'on aime.
Si tant de vieillesses sont vides, c'est que tant d'hommes l'étaient et le cachaient.
Tout au fond, l'esprit ne pense l'homme que dans l'éternel, et la conscience de la vie ne peut être qu'angoisse.
Il y a un roman des masses, pas de Stendhal des masses; une musique des masses, pas de Bach - ni de Beethoven, quoi qu'on en dise; une peinture des masses, pas de Piero della Francesca, ni de Michel-Ange.
Je pensai au geste de mes mains écartées qui eût signifié: je n'en sais pas plus que vous. Mais elles étaient menottées derrière mon dos.
Il est beau de mourir de sa mort, d'une mort qui ressemble à sa vie. Et mourir est passivité, mais se tuer est acte.
De même qu'un musicien aime la musique et non les rossignols, un poète les vers et non les couchers de soleil, un peintre n'est pas d'abord un homme qui aime les figures et les paysages: c'est d'abord un homme qui aime les tableaux.
La peinture tend bien moins à voir le monde qu'a en créer un autre; le monde sert de style, qui sert l'homme et ses dieux.
J'ai su quelquefois agir, mais l'intérêt de l'action, sauf lorsqu'elle s'élève à l'histoire, est dans ce qu'on fait et non dans ce qu'on dit.
Ce qu'il allait advenir de moi intéressait furieusement une part sans valeur de moi-même, comme la volonté d'échapper à l'eau lorsqu'on se noie.
Sa voix a retrouvé son affectueux ton d'excuse. De quoi? Je sais qu'il est très courageux. On dirait qu'il s'excuse de sa vie - de la vie.
Je cherche la région cruciale de l'âme où le Mal absolu s'oppose à la fraternité.
Sa voix saccadée était pénétrée d'une certitude sauvage, mais il semblait bien plus posséder son exaltation qu'être possédé par elle.
Et avec autant de rigueur que la chrétienté enfanta le chrétien, la plus puissante civilisation de l'histoire aura enfanté l'homme précaire.
Restait la grâce, c'est-à- dire l'amour illimité ou la terreur, selon la force ou la faiblesse de l'espoir; et cette terreur était un nouveau péché. Restait aussi la charité, mais la charité ne suffit pas toujours à épuiser l'angoisse.
L'exploitation de l'antique par les peintres donnait l'impression d'un style parce qu'elle imitait non des peintures, toutes disparues, mais des statues. De la résurrection de la sculpture antique date la fin de la grande statuaire occidentale.
Œuvres de André Malraux
A la Conférence des Pays Francophones, Niamey, 17 février 1969.Allocution au Congrès de l'Oeuvre du XXe siècle, 31 mai 1952.Antimémoires (1967)ApocrypheCité par Georges Duthuit dans Le Musée inimaginable (1956).Cité par Guy Suarès dans Malraux, celui qui vient (1979).Cité par Jean-François Deniau.Cité par Roger Stéphane dans Toutes choses ont leur saison (1979).Discours, Inauguration de la Maison de la Culture de Grenoble, 13 février 1968Discours, à l'Assemblée Nationale, 29 décembre 1945.Discours, à l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens, 19 mars 1966.Discours, à l'inauguration de la maison de la culture de Bourges, avril 1964Discours, à la Chambre des députés, 1945Esquisse d'une psychologie du cinéma (1946)Interview dans L'Express, 7 juin 1976.Interview à Pierre Desgraupes, Le Point, 10 novembre 1975L'Espoir (1937)L'Homme précaire et la Littérature (1977)L'Homme précaire et la Littérature (1977)La Condition humaine (1933)