Œuvre
La Métamorphose des Dieux (1957)
L'oeuvre surgit dans son temps et de son temps, mais elle devient oeuvre d'art par ce qui lui échappe.
Le seul domaine où le divin soit visible est l'art, quelque nom qu'on lui donne.
Une nuit de la douzième année, l'inondation périodique noie le bétail, emporte les habitations. Soutenant sa femme, conduisant deux de ses enfants, portant le troisième, il s'enfuit dans la coulée de la boue primordiale.
La Grèce du divin n'avait connu le portrait qu'épidosiquement; représenter un individu semblait travail d'artisan, comparé au pouvoir démiurgique de révéler les dieux de la cité.
Mais tout hiératisme est un refus du profane, l'équivalent des langues sacrées, sanscrit ou latin d'églises; l'indépendance du personnage n'exprime pas la découverte et le triomphe de l'imitation, mais la libération du sacré.
C'est la sculpture qui apparente l'hipparque à quelque Héraclès, voire à Zeus; mais elle n'apparente pas Zeus à un hipparque, c'est-à-dire à un chef de cavalerie.
Si l'homme n'avait pas opposé à l'apparence ses successifs monde de Vérité, il ne serait pas devenu rationaliste, il serait devenu singe. Et l'artiste a créé les images de Vérité comme l'homme a créé les dieux et le monde qu'ils éclairent.