Auteur

Alfred de Musset

Tout est bon qui vous amuse.
Est-ce donc une monnaie que votre amour, pour qu'il puisse passer ainsi de mains en mains jusqu'à la mort ? Non, ce n'est pas même une monnaie; car la plus mince pièce d'or vaut mieux que vous, et dans quelques mains qu'elle passe elle garde son effigie.
Ami, ne t'en vas plus si loin. - \r\nD'un peu d'aide j'ai grand besoin, - \r\nQuoi qu'il m'advienne. - \r\nJe ne sais où va mon chemin, - \r\nMais je marche mieux quand ma main - \r\nSerre la tienne.\r\n
Trop de pudeur est sans doute un défaut; mais le mariage lève bien des scrupules.
Honte à toi qui la première - M'as appris la trahison. - Et d'horreur et de colère - M'as fait perdre la raison! - Honte à toi, femme à l'oeil sombre, - Dont les funestes amours - ont enseveli dans l'ombre - Mon printemps et mes beaux jours!
La nuit, quand de si loin le monde nous sépare, - Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous, - De mille souvenirs en jaloux je m'empare; - Et là, seul devant Dieu, plein d'une joie avare, - J'ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.
Tu as le mois de mai sur les joues, et le mois de janvier dans le coeur.
Ma tète est comme une vieille cheminée sans feu: il n'y a que du vent et des cendres.
Vous souriez quand on vous parle de femmes désolées; vous ne croyez pas qu'on puisse mourir d'amour, vous qui vivez et qui avez aimé.
Aimer, boire et chasser, voilà la vie humaine.
L'amitié, camarade, est semblable à la coupe - Qui passe, au coin du feu, de la main à la main. - L'un y boit son bonheur, et l'autre sa misère ; - Le ciel a mis l'oubli pour tous au fond du verre.
L'amour, c'est la foi, c'est la religion du bonheur terrestre; c'est un triangle lumineux placé à la voûte de ce temple qu'on appelle le monde.
Aimer, c'est marcher librement dans ce temple, et avoir à son côté un être capable de comprendre pourquoi une pensée, un mot, une fleur, l'ont que vous vous arrêtez et que vous relevez la tête vers le triangle céleste.
Vous êtes homme, et je suis femme; la force est de votre côté.
O vieillesse! à quoi donc sert ton expérience? - Que te sert, spectre vain, de te courber d'avance - Vers le commun tombeau des hommes, si la mort - Se tait en y rentrant, lorsque la vie en sort?
Heureux, trois fois heureux, l'homme dont la pensée - Peut s'écrire au tranchant du sabre ou de l'épée!
L'homme peut haïr l'homme, et fuir; mais malgré lui, - Sa douleur tend la main à la douleur d'autrui.
Je veux dire ceci: que l'amour est immortellement jeune, et que les façons de l'exprimer sont et demeureront éternellement vieilles.
Ouvrez-vous, jeunes fleurs. Si la mort vous enlève, La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve ; Et vous aurez vécu si vous avez aimé
Sans doute il est trop tard pour parler encor d'elle; - Depuis qu'elle n'est plus quinze jours sont passés, - Et dans ce pays-ci quinze jours, je le sais, - Font d'une mort récente une vieille nouvelle.
Puisque c'est par toi que j'expire, - Ouvre ta robe, Déjanire, - Que je monte sur mon bûcher.
Que la terre leur soit légère! Ils ont aimé.
Ninon, Ninon, que fais-tu de la vie? - L'heure s'enfuit, le jour succède au jour. - Rose ce soir, demain flétrie. - Comment vis-tu, toi qui n'as pas d'amour?
On a bouleversé la terre avec des mots.
Que, lorsqu'on voit le pied, la jambe se devine; - Et tout le monde sait qu'elle a le pied charmant - Mais moi qui ne suis pas du monde, j'imagine - Qu'elle aura trop aimé quelque indiscret amant.

Œuvres de Alfred de Musset

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