... les grandes révolutions sont toujours métaphysiques.
... l'envie, véritable cancer des sociétés et des doctrines.
... je ne sais pas posséder. ... je suis avare de cette liberté qui disparaît dès que commence l'excès des biens. Le plus grand des luxes n'a jamais cessé de coïncider pour moi avec un certain dénuement.
Si la solitude existe, ce que j'ignore, on aurait bien le droit, à l'occasion, d'en rêver comme d'un paradis.
En art, tout vient simultanément ou rien ne vient; pas de lumières sans flammes.
... une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert.
Se faire écouter était son seul vice ...
Les jeunes ne savent pas que l'expérience est une défaite et qu'il faut tout perdre pour savoir un peu.
N'être plus écouté: c'est cela qui est terrible lorsqu'on est vieux.
A la fin d'une vie, la vieillesse revient en nausées. Tout aboutit à ne plus être écouté.
La mort pour tous, mais à chacun sa mort. Après tout, le soleil nous chauffe quand même les os.
... il n'y a que l'amour qui nous rende à nous-mêmes.
Il y a une solitude dans la pauvreté, mais une solitude qui rend son prix à chaque chose.
... il s'est tué parce qu'un ami lui a parlé distraitement.
... ces heures (de travail) contre lesquelles nous protestons si fort et qui nous défendent si sûrement contre la souffrance d'être seul.
Mais il n'y a pas de limites pour aimer et que m'importe de mal étreindre si je peux tout embrasser.
... un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenir pour ne pas s'ennuyer.
On se fait toujours des idées exagérées de ce qu'on ne connaît pas.
Je n'ai jamais aimé être surpris. Quand il m'arrive quelque chose, je préfère être là.
... on n'est jamais tout à fait malheureux.
Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.
On croit difficilement aux fléaux lorsqu'ils vous tombent sur la tête.
La souffrance profonde de tous les prisonniers et de tous les exilés ... est de vivre avec une mémoire qui ne sert à rien.
On se fatigue de la pitié quand la pitié est inutile.
C'est au moment du malheur qu'on s'habitue à la vérité, c'est-à-dire au silence.
Œuvres de Albert Camus
12 mai 1959.ActuellesActuelles (1950-1958)Actuelles I, Chroniques 1944-1948 (1950)Actuelles I, Première réponseActuelles II, Chroniques 1948-1953Actuelles III, Chroniques algériennes, 1939-1958 (1958)ApocrypheCaligula (1944)Caligula (1944), II, 2Caligula (1944), III, 2Caligula (1944), IV, 13Caligula (1944), IV, 6CarnetsCarnets I, décembre 1937Carnets I, mai 1935 - février 1942 (1962)Carnets I, mai 1935 - février 1942 (1962), 1937Carnets II, janvier 1942 - mars 1951 (1964)Carnets III, mars 1951 - décembre 1959 (1989)Carnets, II