Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur.
Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.
La bêtise insiste toujours.
La joie est une brûlure qui ne se savoure pas.
Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.
On croit difficilement aux fléaux lorsqu'ils vous tombent sur la tête.
La souffrance profonde de tous les prisonniers et de tous les exilés ... est de vivre avec une mémoire qui ne sert à rien.
On se fatigue de la pitié quand la pitié est inutile.
C'est au moment du malheur qu'on s'habitue à la vérité, c'est-à-dire au silence.
Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n'est pas éclairée.
Maintenant je sais que l'homme est capable de grandes actions. Mais s'il n'est pas capable d'un grand sentiment, il ne m'intéresse pas.
Ce qui m'intéresse, c'est qu'on vive et qu'on meure de ce qu'on aime.
Rien n'est moins spectaculaire qu'un fléau et, par leur durée même, les grands malheurs sont monotones.
L'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même.
Il a l'air de vivre sur cette idée, pas si bête d'ailleurs, qu'un homme en proie à une grande maladie, ou à une angoisse profonde, est dispensé du même coup de toutes les autres maladies ou angoisses.
Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul.
Rien au monde ne vaut qu'on se détourne de ce qu'on aime. Et pourtant je m'en détourne, moi aussi, sans que je puisse savoir pourquoi.
Peut-on être un saint sans Dieu, c'est le seul problème concret que je connaisse aujourd'hui.
Le bien public est fait du bonheur de chacun.
Il s'agissait seulement de donner pendant quelque temps les preuves de sa compétence dans les questions délicates que posait l'administration de notre cité.
Trop longtemps, ce monde a composé avec le mal, trop longtemps, il s'est reposé sur la miséricorde divine.
Tout d'abord, le préfet prit des mesures concernant la circulation des véhicules et le ravitaillement.
Beaucoup de gens réduits à l'inaction par la fermeture des magasins ou de certains bureaux emplissaient les rues et les cafés. Pour le moment, ils n'étaient pas encore en chômage, mais en congé.
Il avait seulement gagné d'avoir connu la peste et de s'en souvenir, d'avoir connu l'amitié et de s'en souvenir, de connaître la tendresse et de devoir un jour s'en souvenir.
A première vue, on pourrait croire que Tarrou s'est ingénié à considérer les choses et les êtres par le gros bout de la lorgnette.