Aussi tout peut reprendre, l'histoire recommencer à l'endroit précis où elle s'était défaite, je rembobine à la hâte et je retisse tout, mot après mot, corps contre corps.

À lire aussi de Gilles Leroy

L'amour n'est pas un roman facile.
On y est né, on y a souffert à peu près tout ce qu'une créature du Seigneur peut encaisser, et on y reste. Ce n'est pas le goût du malheur, non, et pas faute d'imagination. C'est juste qu'on n'a personne d'autre où aller.
Les gens qui s'aiment sont toujours indécents. Et pour ceux qui ont perdu l'amour, le spectacle des amants est une torture qu'ils nient en crachant dessus ou en s'en moquant.
Je voyais à son dos raidi que je l'agaçais. C'est étonnant, l'expression d'un dos - qu'une nuque crispée puisse vous dire je ne t'aime plus quand le visage encore n'y arrive pas.
La seule hygiène de vie qui vaille, c'est l'excès, l'extrême. C'est se consumer avec panache en donnant tout de soi parce que cette Grande Guerre de Civilisation, cette boucherie du Vieux Monde nous tuera tous, sans discernement.
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Dans la même œuvre

Nos livres nous séparent plus sûrement de nos amants que n'importe qu'elle infidélité.
C'est l'une des tortures les plus usantes qui soient de ne pas pouvoir aimer l'oeuvre d'un ami, sachant d'expérience ce que cette oeuvre a coûté.
Appeler un amant, c'est demander au téléphone qu'il te renvoie cette splendeur divine de ton désir.
Le blanc c'est salissant, toute innocence se souille inéluctablement.
L'habitude forme l'amour. L'habitude menace la passion ; elle fonde et forme l'amour.