Tu peux pas te contenter de critiquer, il faut de l'humour. C'est pour ça que Coluche manque tellement. Il savait faire rire les gens de leur malheur, c'était un tireur d'élite.

À lire aussi de Jacques Higelin

J'suis mort qui, qui dit mieux - \r\nBen mon pauv'vieux, voilà aut'chose - \r\nJ'suis mort qui, qui dit mieux - \r\nMort le venin, coupée la rose - \r\nJ'ai perdu mon âme en chemin - \r\nQui qui la r'trouve s'la mette aux choses - \r\nJ'ai perdu mon âme en chemin - \r\nQui qui la r'trouve la jette aux chiens
la mort est le berceau de la vie .
Et dis-toi qu'il n'y a pas de plus grand malheur que de laisser mourir le rire dans ton coeur.
Pour composer ou écrire, j'ai besoin d'être en mouvement, bouger, m'aérer. Que la vie circule en moi. Alors je peux sentir la musique ou les mots m'envahir. Je suis ailleurs, et en même temps, je suis là, dans une lueur. Je décolle sans me déplacer. J'adore ces moments-là. Je me sens vivant, ultra-vivant.
Pour moi, le passé, c'est hier. Cela reste très vivant, ce n'est pas vieux.
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Le style, ça compte beaucoup. Si les gens écrivent mal, c'est qu'ils ne pensent pas bien, c'est qu'ils n'ont pas d'ampleur. Tout le monde parle de la même chose finalement: l'amour, la vie, la mort, avec toutes les déclinaisons. Le style, c'est le groove de l'écriture, c'est le côté chantant. Que ce soit Genet, Rimbaud… Victor Hugo, ça chante! Chez lui, chaque phrase est un chef-d'œuvre, une envolée. Si tu oses prétendre être un poète ou un écrivain après ça… Moi, j'écris des chansons, c'est déjà pas mal…
Quand tout le monde dort, tu as l'impression que ceux qui veillent ramassent les rêves des autres. L'inspiration me vient souvent à l'aube. L'inconscient se met en mouvement malgré moi, il est bouillant. Il faut la grâce, l'instant magique. Il faut trouver les mots qui groovent: les mots, c'est aussi de la musique, ça chante ou ça ne chante pas, ça décolle ou ça plonge.
Il y a une angoisse terrible dans les journaux. C'est là qu'on démonte la parfaite nappe de brouillard entretenue pour que les gens ne pensent pas, pour qu'ils ne prennent pas de recul et qu'ils ne réfléchissent pas. D'ailleurs, chaque fois qu'il y a un régime tyrannique, la première chose à laquelle ils s'attaquent c'est aux journaux d'opposition, aux enseignants et aux artistes, c'est-à-dire ceux qui parlent, qui critiquent. Moi, je suis un enfant du peuple, je suis pas non plus forcément un intellectuel, quoique… J'ai pas honte non plus de me servir de mon cerveau, au contraire.
La mort, ce n'est désagréable que pour ceux qui restent…
Il y a des moments de doute affreux, où tu penses qu'en 200 chansons tu as déjà tout dit. A chaque fois, tu crois que la source est tarie, mais en fait c'est toi qui empêches que ça arrive…