Le style, ça compte beaucoup. Si les gens écrivent mal, c'est qu'ils ne pensent pas bien, c'est qu'ils n'ont pas d'ampleur. Tout le monde parle de la même chose finalement: l'amour, la vie, la mort, avec toutes les déclinaisons. Le style, c'est le groove de l'écriture, c'est le côté chantant. Que ce soit Genet, Rimbaud… Victor Hugo, ça chante! Chez lui, chaque phrase est un chef-d'œuvre, une envolée. Si tu oses prétendre être un poète ou un écrivain après ça… Moi, j'écris des chansons, c'est déjà pas mal…

À lire aussi de Jacques Higelin

Ma devise: la vie est dure, il manquerait plus qu'elle soit molle.
La musique m'aide à ne pas être désespéré. Elle m'a rassuré. A fait sortir mes monstres. Elle m'a sauvé de tout.
Et dis-toi qu'il n'y a pas de plus grand malheur que de laisser mourir le rire dans ton coeur.
Il y a deux façons de faire ce métier. Se réfugier dans le star-système, le show-business, n'être là que pour la gloire, s'entourer de gardes du corps et ne se préoccuper que de sa carrière. Ou aller vers les gens, tenter de trouver les clés pour ouvrir les portes et les fenêtres qui donnent sur la joie de vivre, d'exister.
Dans son bureau, René Simon m'avait prédit : « Un jour, tu joueras les hérauts. » L'une des phrases les plus justes qu'on m'ait jamais dites. Héraut, pas héros. Héraut, celui qui va porter les messages à voix haute. Et regarde-moi: je monte sur scène pour parler, chanter...
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Dans la même œuvre

Quand tout le monde dort, tu as l'impression que ceux qui veillent ramassent les rêves des autres. L'inspiration me vient souvent à l'aube. L'inconscient se met en mouvement malgré moi, il est bouillant. Il faut la grâce, l'instant magique. Il faut trouver les mots qui groovent: les mots, c'est aussi de la musique, ça chante ou ça ne chante pas, ça décolle ou ça plonge.
Il y a une angoisse terrible dans les journaux. C'est là qu'on démonte la parfaite nappe de brouillard entretenue pour que les gens ne pensent pas, pour qu'ils ne prennent pas de recul et qu'ils ne réfléchissent pas. D'ailleurs, chaque fois qu'il y a un régime tyrannique, la première chose à laquelle ils s'attaquent c'est aux journaux d'opposition, aux enseignants et aux artistes, c'est-à-dire ceux qui parlent, qui critiquent. Moi, je suis un enfant du peuple, je suis pas non plus forcément un intellectuel, quoique… J'ai pas honte non plus de me servir de mon cerveau, au contraire.
Tu peux pas te contenter de critiquer, il faut de l'humour. C'est pour ça que Coluche manque tellement. Il savait faire rire les gens de leur malheur, c'était un tireur d'élite.
La mort, ce n'est désagréable que pour ceux qui restent…
Il y a des moments de doute affreux, où tu penses qu'en 200 chansons tu as déjà tout dit. A chaque fois, tu crois que la source est tarie, mais en fait c'est toi qui empêches que ça arrive…