Un bon médecin, s'il ne sauve pas toujours des dangers de la maladie, nous préserve du moins de celui d'un mauvais médecin.
Œuvre
Pensées extraites de tous les ouvrages de Johann Paul Friedrich Richter dit Jean-Paul
204 citations · Johann Paul Friedrich Richter, dit Jean-Paul · sur Dicocitations ↗
Je voudrais bien savoir si, être heureux par les passions, est autre chose que se chauffer à un miroir ardent.
Que l'idéal ne se décolore point en nous, ou le feu sacré de la vie s'éteindra.
On entend plus communément dans le grand monde un écho qu'une réponse. Les jeunes filles surtout n'écoutent qu'elles-mêmes et ne voient que les autres.
Les fautes et les hérissons naissent sans dards, mais nous ne ressentons ensuite que trop vivement leurs blessures.
Les esprits ont besoin de liberté, mais non d'égalité.
La Providence a donné aux Français l'empire de la terre, aux Anglais celui de la mer, aux Allemands celui de l'air.
Notre vie est semblable à une chambre obscure , les images d'un autre monde s'y retracent d'autant plus vivement qu'elle est plus sombre.
Plus on est faible, et plus on ment; l'a force suit une ligne droite, les boulets creux décrivent une parabole.
Aimer de bonne heure et se marier tard, c'est entendre chanter le matin une alouette en l'air et en manger le soir une rôtie à son souper.
Les peines d'un amour non partagé et les chagrins d'un divorce rappellent les dents qui nous causent de la douleur lorsqu'elles poussent et lorsqu'on les arrache.
L'amour affaiblit la délicatesse des femmes, il augmente celle des hommes.
La maladie travaille souvent elle-même à un livre; une colique peut renverser tout l'échafaudage d'un optimiste; un estomac embarrassè produit des déclamations brûlantes contre le luxe; et l'acre té du sang aiguise les traits de la satire.
La Julie de Jean-Jacques est comme toutes les Julies ou comme Rousseau lui-même; elle commence par l'exaltation et finit par la dévotion, mais la chute est entre les deux.
Il est plus facile aux bons de se considérer comme méchants, qu'aux méchants de se regarder comme bons.
Les grands ne s'occupent guère plus de leur progéniture que les fourmis. Celles-ci ont à peine déposé leurs oeufs, que mâles et femelles s'éloignent et les abandonnent aux soins des fourmis travailleuses.
Rien de plus dangereux que de réconcilier deux personnes, à moins que l'on ne soit soi même l'une des deux; les brouiller est beaucoup plus facile et plus sûr.
Tous les jeunes gens croient que personne n'éprouve ce qu'ils ressentent, et cependant tous les jeunes gens se ressemblent.
L'amour n'est pas seulement passager, la haine l'est encore; ces deux sentiments meurent lorsqu'ils ne croissent plus.
Le coeur auquel l'amour ne suffît pas n'en a jamais été rempli.
Nos premiers parents avaient-ils besoin d'un serpent dans le paradis pour s'empoisonner? l'homme ne peut-il pas, comme le serpent à sonnettes, s'empoisonner lui-même par sa propre morsure?
L'excès de la prospérité ou de l'adversité pousse les individus comme les nations à l'immoralité. Ainsi, dans les étangs, les poissons ne s'enfoncent dans la vase que par une chaleur ou par un froid excessif.
Notre activité sans but, nos mouvements dans l'espace, doivent paraître à des êtres supérieurs, comme ces étreintes des mourants qui saisissent leur couverture.
Si chaque soir je décrivais le lever du soleil et que je le visse chaque matin, je m'écrierais comme les enfants: Encore, encore!
Le coeur happé du feu de l'enthousiasme devient étranger à tout sentiment terrestre; il ressemble à ces lieux consacrés par la foudre, où les anciens n'osaient plus ni marcher ni bâtir.