Œuvre
Les Enténébrés (2019)
Peut-être avons-nous tous plusieurs vies. Il y a celle dont nous avions rêvé, enfant, et à laquelle nous pensons toujours, une fois adulte, et celle que nous vivons, chaque jour, dans laquelle nous nous devons d’être performants, responsables et utiles, et que nous terminerons jetés dans un trou.
Les coups, on peut aussi les donner avec des mots. L’avantage, c’est que ça ne laisse pas de traces visibles. Ça vous fait juste exploser la tête.
Qu’un deuil nous frappe dans l’enfance et le sentiment de la continuité d’exister n’ira plus de soi.
La fin d’une histoire ne signifie pas la fin de l’amour.
Depuis le début, il savait qu'elle mentait, qu'elle lui avait menti sur tout. Elle restait cette forteresse sans porte ni fenêtres sous le plancher de laquelle il était persuadé que se trouvait le plus beau des trésors, son moi profond, qu'un jour il exhumerait, pour la sauver et la transformer.
L'abandon est une autre forme de mort, si ce n'est de meurtre.
Parfois, le réel devient fou. Ce qui nous arrive défie tellement l'entendement que cela met en péril notre continuité d'exister, cette stabilité que nous avons conquise depuis notre naissance et qui nous a permis de nous construire un monde intérieur et d'acquérir une identité.
L’amour, dès qu’il cherche à se raconter, devient une farce dite par un aveugle à un sourd, le couinement obscène d’animaux humains qui n’ont pas même la simplicité des bêtes pour se renifler le derrière sans en faire toute une histoire quand ils sont contents de se rencontrer.
C’est offenser l’amour que d’en chercher les peines.
C’est impossible d'être à la hauteur de la fiction que l’on a de soi-même. Tout comme il est impossible d'être fidèle à la fiction que ceux qui nous aiment se font de nous.
L’amour a tellement peu à voir avec se connaître, de toute manière. En revanche, je lui trouve une profonde parenté avec se déguster.
Il y a, dit-il, une parenté profonde entre le premier et le dernier amour. - \r\n- La première fois qu'on aime, on se donne entièrement, parce qu'on croit qu'on a tout à y gagner et qu'on est promis au bonheur. La dernière fois parce qu'on sait qu'on n'a plus rien à perdre.