L'abandon est une autre forme de mort, si ce n'est de meurtre.

À lire aussi de Sarah Chiche

C’est impossible d'être à la hauteur de la fiction que l’on a de soi-même. Tout comme il est impossible d'être fidèle à la fiction que ceux qui nous aiment se font de nous.
Je suis très guidée par le fait de donner une forme à mon travail, que chaque partie de mon livre ait une forme discursive, un style propres. Je ne me sens ni nue, ni dévoilée, mais il y a des choses avec lesquelles on ne peut pas tricher - la déportation de mon grand-père comme triangle rouge (pas Juif mais prisonnier politique), les sujets qui concernent la guerre, le colonialisme...
Je n'ai pas de moi, mon seul centre se trouve dans l'écriture. Toutes les références à l'autobiographie et l'autofiction sont caduques. Je peux seulement dire que l'écriture s'est faite dans un état de dévastation, de ruines.
Les coups, on peut aussi les donner avec des mots. L’avantage, c’est que ça ne laisse pas de traces visibles. Ça vous fait juste exploser la tête.
J’entre dans l’automne de Saturne. Et sur la route où je pars, seule, mais avec mon père, seule, mais avec ceux que j’aime, seule, mais avec les mélancoliques, les amoureux, les endeuillés et les intranquilles, seule, mais cachée dans la foule des vivants et des morts, tout est perdu, tout va survivre, tout est perdu, tout est sauvé. Tout est perdu. Tout est splendide.
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Dans la même œuvre

Peut-être avons-nous tous plusieurs vies. Il y a celle dont nous avions rêvé, enfant, et à laquelle nous pensons toujours, une fois adulte, et celle que nous vivons, chaque jour, dans laquelle nous nous devons d’être performants, responsables et utiles, et que nous terminerons jetés dans un trou.
Les coups, on peut aussi les donner avec des mots. L’avantage, c’est que ça ne laisse pas de traces visibles. Ça vous fait juste exploser la tête.
Qu’un deuil nous frappe dans l’enfance et le sentiment de la continuité d’exister n’ira plus de soi.
La fin d’une histoire ne signifie pas la fin de l’amour.
Depuis le début, il savait qu'elle mentait, qu'elle lui avait menti sur tout. Elle restait cette forteresse sans porte ni fenêtres sous le plancher de laquelle il était persuadé que se trouvait le plus beau des trésors, son moi profond, qu'un jour il exhumerait, pour la sauver et la transformer.