Œuvre
La Ballade de l'impossible (1987)
J'ai toujours eu soif d'affection. J'aurais voulu au moins une fois dans ma vie recevoir l'amour à satiété. Au point d'en être écoeurée et d'en refuser davantage.
La mort n'est pas le bout de la vie, elle en fait partie.
Je suis du peuple. Et c'est le peuple qui soutient le monde. Alors qu'est-ce que c'est que cette révolution à base de mots que le peuple ne comprend pas !
Si je t'ai blessé, c'est que ta blessure est aussi la mienne. Alors, ne m'en veux pas. Je suis un être inachevé. Bien plus que tu ne le crois.
Je me demande s'il n'y a pas à l'intérieur de mon corps un endroit sombre, une contrée lointaine où mes souvenirs les plus importants s'entassent pour donner de la vase.
Ne t'apitoie pas sur ton sort. C'est ce que font les imbéciles.
J'ajoutai que mon coeur était sans doute une coquille dure que bien peu de gens arrivent à percer, et que c'était peut être pour cela que je n'arrivais pas à aimer correctement.
Parce que la vie est ainsi faite que les gens vivent en se contraignant mutuellement.
Réveille-toi, essaie de comprendre. C'est pour cela que j'écris ces lignes. Car je suis le type même de l'homme incapable de comprendre les choses tant qu'il n'a pas essayé de les mettre en mots.
Mais c'est cela l'amour. Quand on aime, il est naturel de s'abandonner. C'est ce que je crois. C'est aussi une forme de sincérité.
On avait l'impression de vivre seul au milieu de ruines parfaitement entretenues.
Nous étions en vie et il fallait seulement nous préoccuper de continuer à vivre.
Quand on se laisse aller, les choses se font comme elles doivent se faire, et quoi qu'on fasse, quand les gens sont blessés, ils le sont. C'est la vie.
Je ne dis pas que je n'ai pas confiance dans la littérature contemporaine. Mais je ne veux pas gaspiller un temps précieux en lisant des oeuvres qui n'ont pas reçu le baptême du temps. La vie est courte.