On ne sait pas ce que peut le corps.
Qui a une idée vraie sait en même temps qu'il a une idée vraie et ne peut douter de la vérité de sa connaissance.
Les hommes jugent des choses selon la disposition de leur cerveau et les imaginent plutôt qu'ils ne les connaissent.
Et, bien entendu, la plupart des erreurs consistent en cela seul que nous ne donnons pas correctement leurs noms aux choses.
Par Dieu, j'entends un être absolument infini, c'est-à-dire une substance consistant en une infinité d'attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.
Dieu ne produit pas ses effets par la liberté de sa volonté.
Pour montrer maintenant que la Nature n'a aucune fin qui lui soit d'avance fixée, et que toutes les causes finales ne sont que des fictions humaines, je n'aurai pas besoin de longs discours.
L'harmonie a fait perdre la raison aux hommes, n'ont-ils pas crus que Dieu aussi en était ravi ! Il y a même eu des philosophes pour croire que les mouvements célestes composent une harmonie.
Les hommes, donc, se trompent en ce qu'ils pensent être libres ; et cette opinion consiste uniquement pour eux à être conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés.
Chaque chose, selon sa puissance d'être s'efforce de persévérer dans son être.
Il semble donc que les hommes sont beaucoup plus prêts à la vengeance qu'à rendre un bienfait.
Ainsi, nous sommes agités de bien des façons par les causes extérieures et, pareils aux flots de la mer agités par des vents contraires, nous flottons, inconscients de notre sort et de notre destin.
L'homme soumis aux sentiments ne dépend pas de lui-même, mais de la fortune, dont le pouvoir sur lui est tel qu'il est souvent contraint de faire le pire même s'il voit le meilleur.
Dans la mesure où les hommes sont soumis aux passions, on ne peut pas dire qu'ils s'accordent par nature.
La gaîté ne peut être excessive, mais est toujours bonne ; la mélancolie, au contraire, est toujours mauvaise.
Les sentiments d'espoir et de crainte ne peuvent être bons par eux-mêmes.
La satisfaction intérieure est en réalité ce que nous pouvons espérer de plus grand.
Qui est conduit par la crainte et fait le bien pour éviter le mal, n'est pas conduit par la Raison.
Si les hommes naissaient libres, ils ne formeraient aucun concept du bien et du mal, aussi longtemps qu'ils seraient libres.
Dans la vie, il est avant tout utile de parfaire l'entendement, autrement dit la Raison, autant que nous le pouvons, et en cela seul consiste la souveraine félicité ou béatitude de l'homme.
Les facultés d'un seul homme sont trop limitées pour qu'il puisse se lier d'amitié avec tous.
Aussi est-il certain que les plus avides de gloire sont ceux qui crient le plus sur le mauvais usage qu'on en fait et sur la vanité du monde.
Dieu est exempt de passions et n'est affecté d'aucun sentiment de joie ou de tristesse.
Qui aime Dieu ne peut faire effort pour que Dieu l'aime à son tour.
L'esprit ne peut rien imaginer et ne peut se souvenir des choses passées que pendant la durée du corps.