Œuvre
L'Enigme du retour (2009)
Les blessures dont on a honte ne se guérissent pas.
Si on meurt ici plus vite qu'ailleurs, la vie est ici plus intense. Chacun porte en soi la même somme d'énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref.
Seul le voyage sans billet de retour peut nous sauver de la famille, du sang et de l'esprit de clocher.
Je consomme autant de viande ici en un hiver qu'un pauvre en mange en Haïti durant toute une vie.
Chacun porte en soi la même somme d'énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref.
Toute guerre n'a pour but qu'une occupation du territoire.
On n'est pas forcément du pays où l'on est né. Il y a des graines que le vent aime semer ailleurs.
On ne meurt pas tant qu'on bouge. Mais ceux qui n'ont jamais franchi la barrière de leur village attendent le retour du voyageur pour estimer si cela valait la peine de partir.
Il arrive toujours ce moment où l'on ne se reconnaît plus dans le miroir à force de vivre sans reflet.
Il y a autant de mystère à s'approcher d'un être qu'à s'en éloigner.
L'exil du temps est plus impitoyable que celui de l'espace. Mon enfance me manque plus cruellement que mon pays.
Toujours trop d'espoir devant soi. Et trop de déceptions derrière soi. La vie est ce long ruban qui se déroule sans temps mort et dans un mouvement souple qui alterne espoir et déception.
Ecrire, c'est cuisiner avec des lettres.
Le poète m'aide à faire le lien entre cette douleur qui me déchire et le subtil sourire de mon père.
Nous sommes dans la voiture de son ami Chico. On doit garder ses pieds sous ses jambes, car il n'y a pas de plancher. On voit l'asphalte défiler et les trous d'eau verte. On dirait une décapotable à l'envers.