Seul le voyage sans billet de retour peut nous sauver de la famille, du sang et de l'esprit de clocher.

À lire aussi de Dany Laferrière

Le poète m'aide à faire le lien entre cette douleur qui me déchire et le subtil sourire de mon père.
Nous sommes dans la voiture de son ami Chico. On doit garder ses pieds sous ses jambes, car il n'y a pas de plancher. On voit l'asphalte défiler et les trous d'eau verte. On dirait une décapotable à l'envers.
Mon coeur est à Port-au-Prince, mon corps à Miami et mon âme à Montréal.
Depuis cinquante ans on nous emmerde avec l'identité, c'est l'expression à la mode. On dirait qu'on a été pris en otages par une bande de psychologues, de psychiatres ou de psychopathes. Quel que soit ce que vous faites, c'est une question d'identité.
On n'est pas forcément du pays où l'on est né. Il y a des graines que le vent aime semer ailleurs.
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Dans la même œuvre

Les blessures dont on a honte ne se guérissent pas.
Si on meurt ici plus vite qu'ailleurs, la vie est ici plus intense. Chacun porte en soi la même somme d'énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref.
Je consomme autant de viande ici en un hiver qu'un pauvre en mange en Haïti durant toute une vie.
Chacun porte en soi la même somme d'énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref.
Toute guerre n'a pour but qu'une occupation du territoire.