Œuvre
Fin de partie (1957)
Rien n'est plus drôle que le malheur... c'est la chose la plus comique du monde.
Puis parler, vite, des mots, comme l'enfant qui se met en plusieurs, deux, trois, pour être ensemble, dans la nuit.
Rien n'est plus drôle que le malheur, je te l'accorde.
La fin est dans le commencement et cependant on continue.
Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. Les grains s'ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c'est un tas, un petit tas, l'impossible tas.
J'emploie les mots que tu m'as appris. S'ils ne veulent plus rien dire apprends-m'en d'autres. Ou laisse-moi me taire.