Œuvre

Acide sulfurique (2005)

Et s'ils ont défailli à ce soutien en temps opportun, ne seraient-ils pas plus utiles à leur texte en l'aimant quand même, de cet amour véritable qui ne s'exprime pas par la logorrhée mais par un silence ponctué de mots forts?
Tu ne m'as rien donné et je souffre! Je t'ai sauvée et tu me laisses crever de faim! Et j'aurai faim jusqu'à ma mort! Et tu trouves ça juste!
Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus: il leur en fallut le spectacle.
Je me suis souvenue de cette phrase d'un héros algérien, dit Pannonique: «Si tu parles, tu meurs; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parle et meurs.»
Profiter des futilités de la vie, c'est un joli talent.
Le matricule est à la connaissance de l'autre ce que la carte d'identité est à la personne: rien.
Le prénom est la clé de la personne. C'est le cliquetis délicat de sa serrure quand on veut ouvrir sa porte.
On peut aimer quelqu'un aussi longtemps qu'on peut le comprendre.
Ce n'est pas pour rien que les humains portent des noms à la place des matricules: le prénom est la clé de la personne. C'est le cliquetis délicat de sa serrure quand on veut ouvrir sa porte. C'est la musique métallique qui rend le don possible.
Vous savez bien que le programme télévisé est souvent l'unique conversation des gens. C'est pour ça que tout le monde regarde les mêmes choses: pour ne pas être largué et avoir quelque chose à partager.
Je me suis souvenue de cette phrase d'un héros algérien, dit Pannonique: Si tu parles, tu meurs; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parle et meurs.
Quand quelqu'un prend pour vous un risque dont vous seriez incapable, ne prétendez pas le comprendre, encore moins le juger.
Tout être qui connaît un enfer durable ou passager peut, pour l'affronter, recourir à la technique mentale la plus gratifiante qui soit : se raconter une histoire.
Le langage est moins pratique qu'esthétique. Si, voulant parler d'une rose, on ne disposait d'aucun vocable, si l'on devait à chaque fois dire la chose qui se déploie au printemps et qui sent bon, la chose en question serait beaucoup moins belle.
Et puis, on est toujours plus beau quand on est désigné par un terme, quand on a un mot rien que pour soi.
Un fossé me sépare désormais des autres. Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas.
Que se passait-il, pendant les nuits, pour que l'air soit toujours neuf au matin ? Quelle était cette rédemption perpétuelle ? Et pourquoi ceux qui le respiraient n'étaient-ils pas rachetés ?
C'est quand son absence est la plus criante que Dieu est le plus nécessaire.