Le langage est moins pratique qu'esthétique. Si, voulant parler d'une rose, on ne disposait d'aucun vocable, si l'on devait à chaque fois dire la chose qui se déploie au printemps et qui sent bon, la chose en question serait beaucoup moins belle.

À lire aussi de Amélie Nothomb

Les statistiques le confirment : le sens moral disparaît au-delà de 180 de quotient intellectuel.
C'est toujours comme ça, c'est quand on ne cherche plus les informations qu'on les trouve.
On se moque des enfants qui justifient leurs mauvais coups par ce gémissement: «C'est lui qui a commencé!» Or, aucun conflit adulte ne trouve sa genèse ailleurs.
Il y a une impossibilité technique à raconter le sublime. Soit on n'est pas intéressant, soit on est comique.
Il faut que j'évite de trembler. Quand le tremblement s'empare de moi, c'est que le nerf est atteint : à ce moment, il n'y a plus rien à faire, je ne peux plus que trembler, non pas comme une feuille, mais comme une machine sur le point d'exploser.
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Et s'ils ont défailli à ce soutien en temps opportun, ne seraient-ils pas plus utiles à leur texte en l'aimant quand même, de cet amour véritable qui ne s'exprime pas par la logorrhée mais par un silence ponctué de mots forts?
Tu ne m'as rien donné et je souffre! Je t'ai sauvée et tu me laisses crever de faim! Et j'aurai faim jusqu'à ma mort! Et tu trouves ça juste!
Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus: il leur en fallut le spectacle.
Je me suis souvenue de cette phrase d'un héros algérien, dit Pannonique: «Si tu parles, tu meurs; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parle et meurs.»
Profiter des futilités de la vie, c'est un joli talent.