Nous avançons dans la vie avec des mains rougies de criminel. Le déluge de notre mort les blanchira.

À lire aussi de Christian Bobin

Nous passons notre vie devant une porte sans voir qu'elle est déjà ouverte et que ce qui est derrière est déjà là, devant nos yeux.
Par instants je pense que nous ne mourrons jamais. A d'autres instants je pense que nous sommes plus perdus que des jouets dont un enfant ne se sert plus. La vérité, qui peut la dire?
Les enfants gitans semblent toujours plus âgés tant leurs chairs sont lourdes du sang divin de l'expérience.
C'est une chose étrange que l'absence. Elle contient tout autant d'infini que la présence. J'ai appris cela dans l'attente, j'ai appris à aimer les heures creuses, les heures vides: c'est si beau d'attendre celle que l'on aime.
Les gens assis le long du couloir menant au scanner, je les reconnais au premier regard : c'est le peuple gris du quai de gare d'Auschwitz. Les hôpitaux nous mènent si loin de chez nous que notre âme peine à nous suivre.
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Dans la même œuvre

Je vois le vide qu'il y a entre les hommes, plus grand que celui qui sépare une étoile d'une autre étoile. Chacun travaille, travaille, travaille à son sombre intérêt et ceux qui n'y travaillent pas sont broyés.
Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir.
Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l'éternel que nous ne savons plus.
Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel.
La vraie lumière ne vient que par illuminations, explosions intérieures, non décidables.