Œuvre
L'éloignement du monde
... l'amour - ce versant escarpé de la solitude.
Qui sait nous donner une joie aussi pure que celle prodiguée par la vue d'un petit nuage blanc dans le ciel bleu?
... la vie est parfois grave, souvent légère - jamais sérieuse.
Ceux qui savent nous aimer nous accompagnent jusqu'au seuil de notre solitude puis restent là, sans faire un pas de plus. Ceux qui prétendent aller plus loin dans notre compagnie restent en fait bien plus en arrière.
Légèreté de l'oiseau qui n'a pas besoin pour chanter de posséder la forêt, pas même un seul arbre.
L'amour ne vient que par grâce et sans tenir aucun compte de ce que nous sommes.
Nous passons notre vie devant une porte sans voir qu'elle est déjà ouverte et que ce qui est derrière est déjà là, devant nos yeux.
Qu'espérer d'un amour pur sinon qu'il rende notre solitude pure?
Il nous manque d'aller dans notre vie comme si nous n'y étions plus ...
... l'essentiel n'est rien d'autre que ce que l'on néglige.
... pas plus qu'on ne raisonne le besoin de manger ou dormir, on ne doit justifier le besoin d'être seul.
La perfection est la petite soeur gâtée de la mort. La sainteté est le goût puissant de cette vie comme elle va - une capacité enfantine à se réjouir de ce qui est sans rien demander d'autre.
La beauté est une guérison de l'esprit par aggravation de son mal - du sel lancé sur une blessure franche.
L'humour, à l'inverse (de l'ironie), est une manifestation de la générosité: sourire de ce qu'on aime c'est l'aimer deux fois plus.